Une « stratégie de lutte contre toutes les causes d’infertilité » sera-t-elle initiée avant la présidentielle ? C’est, en tout cas, ce qu’a annoncé Olivier Véran lundi 21 février lors de la remise d’un rapport sur les causes de l’infertilité.
Réalisé par le Professeur Samir Hamamah, chef de service de biologie de la reproduction du CHU de Montpellier, et Salomé Berlioux, présidente de l’association Chemins d’avenir, ce rapport a été remis au ministre de la Santé et au secrétaire d’État, chargé de l’Enfance et des familles, Adrien Taquet. L’occasion pour Olivier Véran d’exprimer « son souhait de transformer ce rapport en une stratégie de lutte contre toutes les causes d’infertilité pour le printemps 2022 ».
En introduction, les auteurs rappellent qu’« avec 3,3 millions de personnes directement touchées en France, l’infertilité est devenue un enjeu de santé publique majeur, sans pour autant avoir jamais été traitée comme telle par les pouvoirs publics ».
Recul de l'âge de la maternité, facteurs environnementaux…
Plusieurs facteurs sont ainsi listés parmi les causes. D’abord le recul de l’âge de la maternité. « En quatre décennies, cet âge a augmenté de cinq ans. En 2019, les Françaises avaient leur premier enfant à 29 ans en moyenne », mentionne le document. Les facteurs environnementaux sont aussi identifiés. À l’exemple des perturbateurs endocriniens mais aussi de la pollution atmosphérique. Les auteurs ont aussi étudié l’impact du mode de vie et des comportements. Enfin, le rapport détaille les causes médicales de l’infertilité, citant notamment l’endométriose.
Six axes d'amélioration
Mais outre les causes, le rapport émet six axes d’amélioration qui pourrait donc alimenter une stratégie nationale. Le premier concerne l’éducation et l’information collective. Au sein des cabinets des médecins, cela pourrait se traduire par des affiches « s’inspirant du poster anglais "Voulez-vous avoir des enfants plus tard : 9 choses à savoir" », cite le rapport.
Le deuxième axe s’intéresse lui à l’éducation et l’information individuelle. Parmi les propositions, on retrouve notamment l’extension de l’expérimentation PREVENIR (PREVention, ENvIronnement, Reproduction) avec le développement de la consultation pré-conceptionnelle, consultation longue centrée sur l’évaluation de l’environnement et du mode de vie de la femme ou du couple.
Un Institut national de la fertilité
Un axe est dédié à la formation des professionnels de santé aux sujets de la prévention de l’infertilité. Les auteurs proposent ainsi de « créer un enseignement spécifique sur la prévention de l’infertilité et la santé reproductive dans le DES de médecine générale » mais aussi de « créer deux diplômes interuniversitaires (DIU) "Reproduction et prévention de l’infertilité", accessibles aux médecins généralistes, pharmaciens, sages-femmes, infirmiers ».
Le 4e axe est consacré au repérage et au diagnostic des causes d’infertilité tandis que le 5e axe porte sur une recherche « globale et coordonnée sur la reproduction humaine et l’infertilité ». Enfin, le dernier axe propose la création d’un « Institut national de la fertilité, incarnant la discipline, garant de la coordination des acteurs de la prévention et de la prise en charge de l’infertilité ».
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