Après une dernière édition en 2019 à la Grande Motte (Occitanie), c'est à Dijon (Bourgogne Franche-Comté), que le syndicat MG France a élu domicile pour son congrès annuel 2022.
« Médecin généraliste traitant : un engagement local, social et durable », est le thème consacré à cette neuvième édition lors de laquelle plus de 600 médecins généralistes sont attendus.
Un gouvernement en sursis
Après l'intervention de plusieurs acteurs du territoire et de la politique de santé (ARS, collectivités, URPS, CMG) lors de l'ouverture du congrès, le président du premier syndicat de médecins généralistes de France, le Dr Jacques Battistoni, a souhaité partager un « point politique » sur la situation.
« La situation est préoccupante. Aujourd'hui, nous sommes dans une crise qui touche le système de santé dans son organisation, dans ses missions et, ce, à plusieurs niveaux. Le système de santé est touché à l'hôpital comme en ville. Beaucoup de professionnels de santé, de médecins se détournent de l'hôpital, vont dans le privé ou font clairement autre chose (...) », a-t-il déploré en préambule.
Il a ensuite poursuivi : « À MG France et au CMG, nous sommes particulièrement attentifs à l'idée d'avoir un système organisé avec une première ligne de soins, les soins primaires, une deuxième, le second recours, et une troisième, l'hôpital, qui apporte le plateau technique et l'excellence. Aujourd'hui nous avons une confusion entre toutes ces lignes de soins. Il y a également des problèmes de financements qui sont souvent insuffisant et inadaptés. (...) Enfin en ville, nous avons un modèle économique qui nous fragilise particulièrement ».
Malgré cette urgence d'agir, le Dr Jacques Battistoni a regretté que le gouvernement soit actuellement « en sursis ».
« Traditionnellement nous recevons toujours le ou la ministre de la Santé au Congrès de MG France. Aujourd'hui Brigitte Bourguignon ne sera pas là. C'est logique un gouvernement en sursis ne peut pas prendre d'engagement, ne peut pas répondre aux questions qu'on lui pose. Cela est toutefois problématique car il y a une urgence sanitaire. Ce que nous attendons d'un gouvernement c'est qu'il prenne des décisions, qu'il apporte aux soins primaires les moyens qu'il attend », a-t-il insisté.
Un engagement local, social et durable du généraliste
Au-delà de ce constat d'urgence, le Dr Jacques Battistoni entend également se tourner vers l'avenir de la profession. Il a ainsi listé les questions qui permettront de nourrir la réflexion et le débat des congressistes au cours des tables rondes et ateliers :
« Comment garantir l'accès de tous à un médecin traitant ? Comment mieux définir les missions du médecin traitant ? Comment les valoriser sans augmenter leur charge de travail ? Comment assurer pleinement la dimension collective et populationnelle de notre mission de soins ? Comment adapter le modèle économique du médecin généraliste aux mutations du métier ? Comment valoriser le rôle peu visible mais si important de prévention et d'éducation thérapeutique du médecin généraliste ? Comment tendre vers un cabinet écoresponsable ? »
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