Le Sénat démarre ce lundi en séance publique l’examen du projet de loi Santé. Les discussions doivent durer toute la semaine avant un vote prévu mardi 11 juin. Et comme les députés avant eux, les sénateurs ont déposé toute une série d’amendements pour tenter de lutter contre la désertification médicale. Délégation de tâches, régulation à l’installation, généralisation aux zones sous-denses du statut de médecin adjoint, ou encore trois ans d'exercice dans un désert pour les étudiants classés dans le dernier tiers du numerus clausus… toutes ces propositions n’ont pas reçu le même accueil de la part des médecins et du gouvernement. Une proposition du président de la Commission des affaires sociales, le sénateur UMP du Vaucluse Alain Milon, fait même l’unanimité contre elle. En effet, un amendement de ce médecin de formation prévoit de limiter à trois ans, sur l’ensemble de la carrière, la possibilité de remplacement pour un généraliste. Cette disposition avait été qualifiée dans nos colonnes de « fausse bonne idée » par le Dr Yannick Schmitt, président de Reagjir, qui regroupe des jeunes généralistes et remplaçants.
Préjudiciable à l'accès aux soins
Opposés à cette mesure, l’ensemble des syndicats de jeunes et futurs médecins (Anemf, Isnar-IMG, Isni, Jeunes Médecins, ReAGJIR, SNJMG) et une grande partie des syndicats de médecins libéraux (CSMF, FMF, MG France) ont lancé ce lundi une campagne de mobilisation sur les réseaux sociaux, intitulée : #TouchePasAMonRemplaçant. Dans leur communiqué commun, ces syndicats réexpliquent que cet amendement s’appuie sur un postulat faux, celui que les jeunes médecins ne veulent pas s’installer et qu’il existerait des remplaçants professionnels. « Les résultats de la récente enquête du CNOM sur les déterminants à l’installation montrent que 75 % des internes envisagent une installation libérale. Le nombre de remplaçants en médecine générale quant à lui ne progresse que très peu (+ 16 % entre 2010 et 2017), et beaucoup moins que le nombre de médecins formés qui s’inscrivent pour la première fois à l’Ordre (+ 53 %), ce qui démontre que le remplacement n’est ni attractif ni en explosion », expliquent-ils.
Les signataires alertent également sur les effets pervers d’une mesure supposée favoriser l’accès aux soins. Sans remplaçant, les médecins installés auront plus de difficultés « à assurer une présence durant leurs congés ou formations », ajoutent-ils. Ces organisations demandent donc le retrait de cette disposition législative. Si toutefois elle survivait à l’examen au Sénat, elle aurait peu de chances de figurer dans la version finale à l’Assemblée, le gouvernement y étant opposé.
Dr Joëlle Belaïsch-Allart : « S’il faut respecter le non-désir d’enfant, le renoncement à la parentalité doit interpeller »
Visite médicale d’aptitude à la conduite : le permis à vie de nouveau sur la sellette
Le dispositif Mon soutien psy peine à convaincre, la Cnam relance l’offensive com’
Ouverture du procès d’un ancien psychiatre de l’AP-HM jugé pour viols et agressions sexuelles sur quatre patientes