UN DES objectifs du plan cancer 2009-2013 est de dynamiser la recherche clinique en cancérologie. Acteur principal de cette dynamique, l’INCa a mis en place des groupes de recherche clinique (GRC) fédérant les différents acteurs impliqués dans la recherche clinique. Le GRC « Peau et tissus conjonctifs » de l’INCa a constaté en 2009 la nécessité de répertorier les acteurs impliqués dans la recherche clinique sur le mélanome.
C’est dans ce but qu’a été créé, il y a un peu plus d’un an, le réseau national interdisciplinaire sur le mélanome, qui regroupe tous les médecins spécialistes travaillant dans ce domaine : dermatologues, oncologues, chercheurs, radiologues, radiothérapeutes…
La première mission de ce réseau est d’identifier les projets d’envergure permettant de répondre à des appels d’offres nationaux et européens. La deuxième est de structurer la recherche clinique interdisciplinaire sur le mélanome. Enfin, la troisième mission est d’améliorer la visibilité de la recherche clinique française et ses capacités auprès des industriels. Dans cet objectif, un dossier a été déposé au CenGEPS (centre national de gestion des essais de produits de santé), une association de partenaires publics et privés ayant pour objet de « faciliter la coordination et la gestion des essais cliniques à promotion industrielle réalisés dans les établissements publics de santé ou dans le cadre des réseaux de soins ».
« Nous souhaitons, avec ce réseau, pouvoir disposer très tôt, dès les phases I et II, de molécules à l’essai dans le traitement du mélanome. C’est indispensable pour que nous soyons compétitifs par rapport aux autres pays européens, mais aussi face aux États-Unis » estime le Pr Brigitte Dréno.
La France est très active.
Le séminaire fondateur du réseau national interdisciplinaire sur le mélanome qui s’est tenu le 6 mai 2010 avait pour objectif de structurer la recherche translationnelle et clinique dans le domaine du mélanome. À cette fin, il a été demandé à toutes les équipes travaillant sur le mélanome et qui souhaitaient intégrer le réseau, de venir exposer brièvement leur projet. Plus de 60 projets ont été présentés en épidémiologie, recherche en génétique, recherche fondamentale, diagnostic (clinique, pathologie et imagerie) et recherche translationnelle. « Nous avons pu ainsi constater que de nombreuses équipes sont concernées et il a été possible de dresser un état des lieux de la recherche sur le mélanome en France ».
La seconde journée annuelle de concertation a eu lieu le 16 mars 2011. Les ateliers ont porté sur trois thèmes : l’épidémiologie du mélanome, les marqueurs pronostiques du mélanome et la gestion des prélèvements tumoraux. « En effet, nous commençons à avoir des thérapies ciblées dans le mélanome et la question se pose de savoir comment organiser notre tumorothèque pour trouver rapidement une mutation répertoriée afin que les patients puissent bénéficier aussi tôt que possible de ces nouveaux traitements et avoir une recherche translationnelle active dans le domaine. »
Le réseau national interdisciplinaire sur le mélanome est ouvert à toute personne travaillant sur le mélanome : « C’est, souligne le Pr Brigitte Dréno, le premier réseau interdisciplinaire sur le mélanome et c’est une très bonne chose. Nous espérons, si possible en 2012, pouvoir répondre à un appel d’offres spécifique sur le mélanome de la part de l’INCa comme il y en a eu sur les cancers de la prostate et du sein. En France, nous avons un bon niveau de recrutement des patients. Il est indispensable que nous puissions disposer des molécules innovantes. »
D’après un entretien avec le Pr Brigitte Dréno, Hôtel-Dieu, Nantes.
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