Maladies à déclaration obligatoire

Le mésothéliome, 31e MDO

Publié le 23/01/2012
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C’ÉTAIT L’UNE des mesures du Plan cancer 2009-2013 qui prévoit notamment l’amélioration de la surveillance des cancers liés à l’environnement professionnel (action 9.1). « Tout nouveau cas de mésothéliome, quel que soit son site anatomique (plèvre, péritoine, péricarde…), devra désormais être notifié au médecin de l’Agence Régionale de Santé (ARS), par tout médecin (pathologiste ou clinicien) exerçant en France métropolitaine ou ultramarine et qui en pose le diagnostic », souligne l’Institut de veille sanitaire chargé de mettre en œuvre la DO.

Les cancers liés à l’exposition à l’amiante « sont un enjeu important de santé publique », rappelle l’Institut. L’exposition, qui a pu survenir plusieurs dizaines d’années avant l’apparition de la maladie, représente actuellement le seul facteur de risque avéré de mésothéliome. Elle est le plus souvent professionnelle mais peut également être d’origine « environnementale ». Le nombre de nouveaux cas de mésothéliomes survenant chaque année en France est actuellement estimé entre 800 et 1 200, soit 0,3 % de l’ensemble des cancers.

La DO des mésothéliomes répond essentiellement à des objectifs de connaissance : mieux suivre le nombre de cas survenant sur le territoire, leurs caractéristiques et mieux comprendre leur lien possible avec une exposition non professionnelle à l’amiante. Pour cela, des enquêtes environnementales seront mises en œuvre lorsqu’aucune exposition professionnelle n’aura été repérée. La DO vient compléter la surveillance assurée par le Programme national de surveillance des mésothéliomes (PNSM) pleuraux dans 23 départements métropolitains et mis en place en 1998. S’il reste la référence, le PNSM ne permet pas de suivre les mésothéliomes pleuraux dans les départements non couverts (70 % de la population), ni les autres localisations de mésothéliomes dans les départements couverts. « Il est important de noter que la DO ne se substitue en aucune façon au système de déclaration des maladies professionnelles », précise l’InVS.

Des formulaires à télécharger.

La mise en place de DO mésothéliome a été précédée d’une phase de test pilotée par l’InVS en partenariat avec l’Institut national du Cancer (INCa) qui s’est déroulée, du 1er janvier au 30 juin 2011, dans 6 régions : Aquitaine, Île de France (93,94), PACA (6, 13, 83), Auvergne, Lorraine et Midi Pyrénées. Les résultats satisfaisants de cette phase pilote permettent aujourd’hui de généraliser le système. Si les pathologistes qui posent formellement le diagnostic du cancer jouent un rôle majeur dans la réussite de cette notification, « les cliniciens qui sont en contact avec leur patient, doivent également déclarer leurs cas en renseignant la notion d’exposition professionnelle à l’amiante, pour orienter les enquêtes d’exposition », souligne l’INVS. Pour faciliter ces notifications, deux formulaires distincts « pathologiste » et « clinicien » sont disponibles. Le mésothéliome fait partie des 4 MDO qui ne doivent pas faire l’objet d’un signalement. Depuis 2003, doivent être signalées sans délai par tous les moyens appropriés, les MDO pour lesquelles une intervention locale, nationale ou internationale urgente est requise. Les formulaires doivent être remplis, datés, signés et adressés rapidement par fax au médecin de l’ARS (Agence régionale de santé), au numéro figurant sur le document qui peut être téléchargé sur le site de l’InVS (www.invs.sante.fr).

 Dr LYDIA ARCHIMÈDE
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Source : Le Quotidien du Médecin: 9070