Cancer de l’ovaire en rechute avec mutation BRCA

Le traitement d’entretien par anti-PARP prolonge la survie de plus d’un an

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Publié le 25/05/2020

L’olaparib (Lynparza), en traitement d’entretien suite à une chimiothérapie à base de platine, améliore de 12,9 mois la survie des patientes BRCA mutées, en rechute d’un cancer de l’ovaire avancé. Résultats à 5 ans de l’étude SOLO-2, présentés en avant-première du congrès de l’ASCO.

Crédit photo : Phanie

L’étude de phase III SOLO-2 a inclus 295 patientes sensibles au platine, en rechute d’un cancer de l’ovaire, avec mutation des gènes BRCA 1/2. Les patientes étaient préalablement traitées par au moins deux lignes de chimiothérapie et en réponse à un protocole à base de platine. Elles recevaient soit l’inhibiteur de PARP olaparib (n = 196), soit un placebo (n = 99). Lors de la première analyse réalisée après un suivi de 22,1 mois (1), l’olaparib améliorait de 13,6 mois la survie sans progression par rapport au placebo (19,1 vs 5,5 mois, HR = 0,30 ; p < 0,0001).

Une survie prolongée de 13 mois

« À 5 ans, 42 % des patientes sous olaparib et 33 % des patientes du bras placebo sont en vie », divulgue le Dr Andrés Poveda (Valence, Espagne) en amont du congrès de l’ASCO (2). En effet, les résultats de l’analyse à 5 ans mettent en évidence une augmentation de 12,9 mois de la survie globale sous olaparib (51,7 vs 38,8 mois, HR = 0,74, p = 0,0537). Le risque de décès des patientes, recevant l’olaparib entre la réponse et la progression de la maladie, est réduit de 26 %.

Après un suivi médian de 65 mois, 28,3 % des patientes du groupe olaparib sont en vie sans avoir reçu de traitements ultérieurs, contre 12,8 % des patientes du bras placebo. De plus, 38,4 % des patientes du groupe placebo sont passées sous olaparib (cross-over).

Et en première ligne ?

Ces résultats de l’étude SOLO-2 viennent conforter l’utilisation de l’olaparib en traitement d’entretien chez les patientes BRCA mutées, en rechute d’un cancer de l’ovaire avancé. Néanmoins, depuis le début de cette année, l’anti-PARP est également disponible en traitement d’entretien de première ligne, suite aux résultats de l’étude SOLO-1, et pris en charge selon un dispositif de post-ATU de cohorte. De plus, les données de l’étude PAOLA (3) ont démontré, en première ligne, l’efficacité de l’olaparib associé au bevacizumab (versus bevacizumab seul). Des trithérapies d’entretien (associant immunothérapie, anti-PARP et bevacizumab) seraient également à l’étude…

(1) Pujade-Lauraine E., Lancet Oncol. 2017 Sep;18(9):1274-1284.
(2) Poveda A. et al. Final overall survival (OS) results from SOLO2/ENGOT-ov21: A phase III trial assessing maintenance olaparib in patients (pts) with platinum-sensitive, relapsed ovarian cancer and a BRCA mutation, ASCO 2020, abstract 6002
(3) Ray-Coquard I. et al, Olaparib plus Bevacizumab as First-Line Maintenance in Ovarian Cancer, N Engl J Med 2019; 381:2416-2428 DOI: 10.1056/NEJMoa1911361

Karelle Goutorbe

Source : lequotidiendumedecin.fr