L’ÉTUDE de Joseph Friedberg et coll., réalisée dans le cadre du Penn Mesothelioma and Pleural Program (Philadelphie) est présentée à l’ASCO sur un poster. Le protocole s’appuie sur la thérapie photodynamique (PDT), qui est un traitement traitement médical de certains types de cancer ou de lésions précancéreuses par la destruction des cellules cancéreuses par la lumière laser. On injecte une substance photosensibilisante non-toxique, qui s’accumule préférentiellement dans les cellules cancéreuses et les rend sensibles à la lumière laser.
La pneumonectomie extrapleurale.
Le traitement conventionnel du mésothéliome pleural est la pneumonectomie extrapleurale (ablation en bloc du poumon et de son enveloppe pleurale). L’étude a été entreprise avec deux objectifs. D’abord déterminer si la combinaison PDT et chirurgie peut permettre de réaliser une chirurgie moins extensive. Ensuite savoir si l’utilisation de la PDT a un effet positif sur la survie des patients.
La PDT se distingue de la radiothérapie pour de nombreuses raisons. Les rayons utilisés ne traversent pas le corps et ne pénètrent qu’à une faible profondeur dans les tissus, ce qui permet d’épargner le poumon sain. Ce traitement est destiné à éradiquer la maladie résiduelle microscopique.
Dans l’étude, 28 patients (19 hommes et 9 femmes), âgés de 27 à 81 ans ont eu une résection chirurgicale associée à un PDT pour aborder un mésothéliome pleural. Dans le centre de l’Université de Penn, l’un des seuls à étudier la PDT dans le mésothéliome, les patients ont eu une résection macroscopique complète, 14 par pneumonectomie extrapleurale modifiée (MEPP) et 14 par pleurectomie radicale (PR) avec PDT peropératoire. Vingt-deux de ces 28 patients ont aussi eu une chimiothérapie.
Les paramètres démographiques dans les deux groupes étaient similaires dans les deux groupes, pour l’âge, le sexe ratio, le stade d’avancement de la maladie, l’histologie du nodule et les traitements adjuvants. La maladie atteignait un stade III/IV chez 12 des 14 patients (86 %) de chaque groupe.
Conservation des deux poumons.
Au total, la médiane globale de survie dans le groupe MEPP est de 8,4 mois. Au moment où l’étude a été rédigée, c’est-à-dire à l’examen de suivi 2,1 ans après la fin du traitement, la médiane de survie n’avait pas été atteinte dans le groupe sous PR avec PDT peropératoire. « Les résultats atteints par la pneumectomie radicale et la PDT adjuvante étaient supérieurs aux autres études de traitement chirurgical chez des patients ayant des caractéristiques similaires». Ainsi, à ce terme, les patients du groupe d’essai conservaient leurs deux poumons et bénéficiaient d’une survie prolongée.
Le processus par lequel cette prise en charge incluant la PDT prolonge la survie n’est pas élucidé, précise l’investigateur principal. « Il existe une possibilité que la maladie résiduelle microscopique traitée par PDT déclenche une réaction immunitaire favorable, induisant une sorte d’effet vaccin autologue. »
« Notre étude a des limites, tout comme habituellement les études sur le mésothéliome. Toutefois, les observations sont très encourageantes. Notamment par l’épargne de tout un poumon. » Une étude plus grande sur l’efficacité de cette approche multimodale est en cours à l’université de Penn.
Travail publié dans Annals of Thoracic Surgery, juin 2011.
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