De nombreux progrès technologiques ont été réalisés dans la prise en charge de l'insuffisance cardiaque, constate l'Académie nationale de médecine (ANM) dans un communiqué. Pour favoriser l'accès aux dispositifs d'assistance et de suppléance mécaniques de la fonction cardiaque défaillante, elle recommande notamment de mieux informer le public, les médecins généralistes et les cardiologues sur ces avancées, afin de favoriser une prise en charge chirurgicale précoce, avant que la maladie ne soit à un stade trop avancé.
« La défaillance de la fonction cardiaque est à l’origine de l’insuffisance cardiaque. Dans les formes le plus avancées, elle peut être compensée par un dispositif mécanique prenant en charge ou remplaçant la fonction de l’un ou des deux ventricules », rappelle l'Académie, précisant que l’assistance circulatoire et le cœur artificiel ont été développés dès les années 1960.
Trois types de dispositifs
En France, trois types de dispositifs sont disponibles. Il s'agit des dispositifs d’assistance en urgence de courte durée, des dispositifs d’assistance ventriculaire de longue durée implantés chirurgicalement en dérivation du ou des ventricules natifs et du cœur artificiel.
Les dispositifs d'urgence permettent d'assurer une circulation sanguine extracorporelle. En cas de grande urgence, ils peuvent « être mis en place hors du milieu hospitalier et par voie percutanée, afin d’assurer une oxygénation correcte des différents organes, en particulier du cerveau », est-il précisé.
Quant aux dispositifs de longue durée, ils permettent « la survie pendant des mois, parfois des années, avec une qualité de vie appréciable, dans l’attente de la récupération de la fonction cardiaque ou d’une greffe cardiaque », décrit l'ANM.
Les dispositifs de remplacement du cœur ou cœur artificiel sont aussi implantés chirurgicalement, dans l'attente d’un greffon cardiaque.
Un faible recours aux dispositifs implantables
Le registre Francemacs, alimenté par les équipes hospitalières « mais dans lequel les données de suivi des malades sont incomplètes », porte sur les dispositifs implantables. « Ce registre révèle une faible utilisation de ces dispositifs en France (4 par million d’habitants) par rapport à ce qu’il en est en Allemagne (9) ou aux États-Unis (16) », note l'Académie.
Elle souligne également que le taux de survie à un an après assistance cardiaque mécanique est de 67 % en France, quand il est de 85 % (pour les cas les plus récents) aux États-Unis et de 82 % dans le registre international Intermacs. « Cette différence peut être expliquée par la gravité plus grande des malades au moment de leur prise en charge, la priorité étant donnée, en France, aux malades les plus graves, mais aussi par la stratégie retenue en termes d’attribution des greffons cardiaques », analyse-t-elle.
Cœur artificiel : un premier patient français implanté
L'Académie précise par ailleurs que la France n'est pas en reste en termes d'avancées technologiques, avec « la mise au point d’un système d’assistance cardiaque innovant apportant un supplément d’éjection en cas de systole ventriculaire insuffisante ou reposant sur l’action d’une membrane ondulante et visant une meilleure tolérance » et « le développement d’un cœur artificiel ». Ce dispositif, mis au point par Carmat, bénéficie du marquage CE depuis décembre 2020 et un premier patient français a été implanté dans le cadre de l’étude médico-économique Eficas.
En regard de ces constats, l’Académie préconise de créer des centres de référence « insuffisance cardiaque » multidisciplinaires et répartis sur le territoire national. L'objectif : développer des structures spécialisées dans la transplantation cardiaque et l'assistance/suppléance mécanique cardiaque, avec un volume d’activité suffisant.
Enfin, davantage de moyens devraient être alloués à la recherche clinique afin que le registre Francemacs devienne exhaustif ainsi qu'à la recherche technologique « conduite par de jeunes sociétés françaises, en les appuyant dans leur démarche pour transférer, chez l’homme, les progrès réalisés et évalués chez l’animal », recommande l'Académie.
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