Les dermatoses font partie des trois premières causes de consultation en pathologie du retour chez l’enfant. Elles sont assez souvent peu sévères, mais de présentations variées, parfois déroutantes.
Le diagnostic suit la démarche habituelle : anamnèse centrée sur les dates et lieu du séjour, analyse de la lésion élémentaire, recherche de signes généraux… « En consultation, nous voyons surtout des enfants au retour du pays d’origine de leurs parents immigrés (Maghreb, Afrique, Asie…). Et dans la moitié des cas, il s’agit de dermatoses liées aux directement ou indirectement aux piqûres d’insectes, de moustiques en particulier », explique le Dr Emmanuelle Bourat (Hôpital Robert Debré, Paris). Ces dermatoses, parfois très affichantes, pouvant perdurer un certain temps et laisser des séquelles pigmentaires, inquiètent les parents alors qu’elles sont rarement graves. »
Surinfection et impétiginisation
Les dermatoses infectieuses du retour sont dominées par les infections cutanées à pyogènes, primitives (impétigo) ou secondaires (impétiginisation, synonyme de surinfection à pyogène). Ces dernières pouvant concerner toutes les dermatoses prurigineuses avec effraction de la barrière cutanée. Il peut s’agir de dermatoses bactériennes, banales sous les climats tempérés mais prenant une intensité inhabituelle (impétigo, prurigo sur piqûre d’insecte) liées au climat (chaleur, humidité…) et aux conditions de vie. Les pyodermites à germes cosmopolites (streptococcus pyogenes et staphylococcus aureus) sont fréquemment rencontrées. Leur expression clinique est polymorphe : bulles à contenu clair, puis purulent, pustules, croûtes… La cause la plus fréquente est la piqûre de moustique qui provoque une papule prurigineuse centrée sur le point de piqûre et qui peut se compliquer d’une surinfection lors du grattage, à l’origine d’une impétiginisation. Chez les enfants atopiques, une réaction urticarienne profonde, parfois pseudo cellulitique (apyrexis, absence de syndrome inflammatoire biologique) est possible par réaction d’hypersensibilité immédiate ou un prurigo en cas d’hypersensibilité retardée.
Antibiothérapie probabiliste
« Quoi qu’il en soit, devant une dermatose "sale" qui peut être primitive (impétigo) ou secondaire (impétiginisation), la présence de croûtes, bulles, pustules rend difficile l’identification d’une éventuelle dermatose sous-jacente. La surinfection justifie dans tous les cas la prescription de soins à l’eau et au savon et d’une antibiothérapie probabiliste orale par amoxicilline-acide clavulanique 80 mg/kg/j pendant 7 jours », précise le Dr Bourrat. Il faut revoir l’enfant au décours de ce traitement et ensuite, la démarche est assez simple selon la persistance ou non de lésions. En l’absence d’amélioration, on s’orientera alors vers une dermatose non infectieuse (eczéma…) ou parasitaire cosmopolite (gale…) ou plus exotique et plus rare, telle la leishmaniose cutanée qui apparaît plusieurs semaines/mois après la piqûre de phlébotome, sous la forme d’une lésion érythémateuse infiltrée, croûteuse ou ulcérée. « Lorsqu’une pathologie exotique est suspectée, il faut passer la main… son diagnostic et sa prise en charge sont souvent difficiles et nécessitent des prélèvements microbiologiques adaptés en laboratoire hospitalier spécialisé », souligne le Dr Emmanuelle Bourrat. En conclusion, les dermatoses de retour pourraient, pour la plupart, être facilement prévenues lors de la consultation « de départ » par un rappel des mesures simples comme l’utilisation de répulsifs et la prescription d’un antiseptique et d’un dermocorticoïde pour éviter la surinfection des piqûres de moustique.
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