Bronzer sans UV, ce sera possible grâce aux inhibiteurs de SIK

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Publié le 15/06/2017

Il y a quelques années, les chercheurs ont découvert, chez les souris déficientes en récepteur de mélanocortine Mc1r incapables de produire de l'eumélanine, qu'il était possible de stimuler la production de ce pigment biologique sans recourir aux UV, à l'aide d'un inhibiteur de la kinase inductible au sel (SIK). Toutefois, personne n'avait pour l'instant trouver de moyen d'appliquer ces travaux à une stratégie topique visant à foncer l'épiderme humain.

Dans un article publié dans la revue « Cell Report », Nisma Mujahid et ses collègues de l'école de médecine de l'université de Boston décrivent l'utilisation d'un inhibiteur de SIK pour activer le gène produisant des facteurs de transcription associés à la microphtalmie (MITF), lui-même régulant l'expression de gène produisant l'eumélanine, via des co-activateur du cycle de CREB. Les chercheurs ont mis au point une formulation adaptée à la pénétration dans de la peau.

Dans un premier temps, ils ont testé un inhibiteur de SIK expérimental HG 9-91-01 sur des diverses lignées de mélanocytes humains et ont observé une augmentation dose dépendant de l'expression du MITF. Au bout de 3 jours de traitement par HG 9-91-01, on observait une pigmentation progressive des cellules humaines.

Un effet réversible en 2 semaines

Dans un second temps, ils ont confirmé que HG 9-91-01 en rétablissait la mélanogenèse chez des souris incapables de produire des récepteurs Mc1r. Cette action fonctionnait aussi en application topique : une application quotidienne d'une solution contenant l'inhibiteur de SIK pendant 7 jours a provoqué un assombrissement significatif de la peau des rongeurs. Une fois le traitement arrêté, la peau reprend son aspect original en 2 semaines. La peau garde son aspect prétraitement 40 jours après la fin du traitement. Les auteurs n'ont pas constaté de modification à long terme de l'expression des différents gènes impliqués dans la production d'eumélanine.

« Nos observations montrent qu'un traitement par inhibiteur de SIK ne fait pas que stimuler la production des mélanocytes, affirme les auteurs, il active aussi la migration de la mélanine à travers les tissus, à la manière de ce qui est observé lors de l'exposition de la peau aux UV ».

Injecté dans des explants de peau humaine, l'inhibiteur de SIK induit une pigmentation progressive de la peau. La formulation topique de cette molécule n'induisait toutefois pas de production de mélanine dans tous les échantillons de peau humaine produits à partir de différentes souches de cellules.


Source : lequotidiendumedecin.fr