« PRÈS D’UN TIERS (31 %) des personnes diabétiques (type 1 et type 2) ont eu au moins un séjour hospitalier dans l’année », soulignent Frank AG Assogba et coll., auteurs de l’étude du « BEH » sur les facteurs associés à l’hospitalisation des personnes diabétiques adultes en France.
La description des séjours hospitaliers publics et privés a pu être réalisée dans Entred 2007 (Échantillon national témoin représentatif des personnes diabétiques), à la différence de l’étude Entred 2001, grâce à l’extraction des séjours du PMSI (Programme de médicalisation des systèmes d’information) incluse d’emblée dans l’étude. Les personnes diabétiques de type 1 sont plus souvent hospitalisées que les diabétiques de type 2 et avant 45 ans, les femmes diabétiques de type 1 plus souvent que les hommes. Les personnes admises en hospitalisation complète (24 %) sont plus âgées que les autres (âge médian 69 ans versus 65 ans), bénéficient le plus souvent d’une ALD pour le diabète ou une autre pathologie chronique et déclarent plus souvent avoir des difficultés financières. Les complications le plus souvent évoquées en cas d’hospitalisation complète (54 pour 1 000 personnes diabétiques) sont les cardiopathies ischémiques (21 ‰), l’insuffisance rénale chronique (10,6 ‰), l’insuffisance cardiaque (9,6 ‰) ou les accidents vasculaires cérébraux et ischémiques transitoires (8,4 ‰). Les amputations du membre inférieur et les plaies du pied sont moins fréquentes (5 ‰) alors que le cancer avec un taux de recours de 15,7 ‰ représente également un motif d’admission fréquent.
Complications aiguës chez l’enfant.
Les hospitalisations chez l’enfant restent trop fréquentes, en particulier les admissions pour complications aiguës qui « pourraient en partie être évitées par un meilleur contrôle du diabète », indiquent Laurence Mandereau-Bruno. Dans leur étude réalisée parmi la population d’Entred-Enfant (échantillon de 924 enfants), un patient sur deux (52 %) a été hospitalisé au moins une fois au cours de la période de l’étude et 21 % l’ont été plusieurs fois. Environ un tiers (36 %) a été hospitalisé pour un suivi de leur diabète et 13 % pour une complication aiguë. « L’acidocétose était la complication la plus fréquente représentant entre 78 % et 88 % des complications aiguës », soulignent les auteurs. Entre 2,3 et 3,5 % des hospitalisations l’ont été pour une hypoglycémie (entre 9,8 et 11 % pour les acidocétoses) et un seul enfant a été hospitalisé pour un coma hyperosmolaire. Leur étude montre que ce type d’hospitalisation est significativement lié à la Couverture maladie universelle, en particulier pour les admissions pour acidocétose. Les hospitalisations pour suivi sont, elles, plus fréquentes parmi les enfants porteurs d’une pompe à insuline et ceux qui sont suivis par un médecin hospitalier.
Cette association entre plus grande vulnérabilité et hospitalisation observée chez l’adulte comme chez l’enfant est confortée par l’étude de Bruno Detournay et coll. sur le reste à charge des patients diabétiques en France en 2007. Le diabète est celle des affections de longue durée (ALD) qui concerne le plus grand nombre de patients (21,6 % des patients en ALD du régime général). Les malades concernés sont remboursés à 100 %. Detournay et coll. montrent que malgré une couverture apparemment complète, 23 % des diabétiques de type 1 et 17 % des diabétiques de type 2 déclarent avoir renoncé à un service de santé du fait de son prix sur 12 mois.
Augmentation des dépenses.
Si l’on met en regard, l’état des lieux tel que le décrit le « BEH » et le coût global de la prise en charge qui est passé de 7,1 milliards d’euros en 2001 à 17,7 milliards en 2010, « le risque existe (...) que les décideurs soient tentés de réviser l’allocation des moyens en remettant en cause l’accès à l’ALD pour tous les diabétiques. La suppression de l’ALD pour les hypertendus sévères servirait à l’occasion d’argument », souligne dans un « éditorial » le Pr André Grimaldi. Dans une telle hypothèse, le droit à l’ALD serait réservé aux patients les plus pauvres et à ceux souffrant d’un diabète grave (traitement par insuline et/ou complication). « Ce serait oublier, prévient le praticien, que l’essentiel du traitement du diabète repose sur la prévention et que la prise en charge en ALD est significativement corrélée à un meilleur suivi ».
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