Une équipe française s’est posé la question de l’intérêt de prendre en compte la rétinopathie (RD) – laquelle est associée à une augmentation du risque cardiovasculaire (CV) au cours du diabète de type 2 (DT2) – en complément du score calcique coronaire (CAC), afin d’améliorer la reclassification du risque CV.
La réponse provient de l’étude ancillaire de la cohorte ACCoDiab (suivi prospectif 2014-2023), qui a inclus 424 patients atteints de DT2 en prévention primaire, évalués en hôpital de jour pour un bilan cardiométabolique (1). Les événements CV majeurs recensés comprennent l’infarctus du myocarde, l’AVC ischémique, les revascularisations pour maladie artérielle périphérique, les hospitalisations pour insuffisance cardiaque ainsi que les décès d’origine CV.
Indépendant et additif
Au final, 11,8 % des patients ont présenté un événement CV. La RD était significativement plus fréquente chez eux (58 % contre 25 %, p < 0,001). La rétinopathie et le CAC (mais aussi le tabagisme) étaient chacun associés de manière indépendante aux événements CV, après ajustement sur l’âge, le sexe, la durée du diabète, l’HbA1c, la néphropathie, la neuropathie, l’HTA, la dyslipidémie, le tabagisme ainsi que les traitements hypoglycémiants.
L’ajout de la RD au score calcique coronaire améliore donc la discrimination des événements CV, avec une aire sous la courbe (AUC) passant de 67,8 à 75,3 (p = 0,011). Ce gain persiste après ajustement sur les facteurs de risque traditionnels, avec une AUC de 78,2 contre 71,3 pour le CAC seul (p = 0,014).
En outre, la rétinopathie contribue à une reclassification du risque CV chez les patients DT2 initialement classés à risque faible ou modéré. Selon le Pr Olivier Bourron (hôpital de la Pitié-Salpêtrière, AP-HP), qui présentait l’étude au congrès, « la rétinopathie – proliférante ou non – et le CAC constituent des marqueurs complémentaires de stratification du risque CV chez ces patients. La rétinopathie permet de mieux identifier une part de risque résiduel non captée par le CAC, avec un intérêt particulier chez les patients scorés à risque faible ou modéré. Par conséquent, chez les diabétiques de type 2 avec un CAC subnormal, ou modérément élevé associé à une rétinopathie, une intensification du traitement CV est souhaitable. »
(1) SFD 26. Bourron O. et al. CO 080
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