Sur les 169 cas d'hépatite pédiatrique d'origine inexpliquée recensés depuis la mi-avril à travers le monde, l'adénovirus a été détecté chez au moins 74 cas, indique l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans un communiqué daté du 23 avril. Néanmoins, rien de définitif pour le moment, « si l'adénovirus est une hypothèse possible, les investigations se poursuivent pour l'agent causal », est-il souligné.
L'alerte sur des hépatites d'origine inconnue chez des enfants de moins de 10 ans avait été lancée au Royaume-Uni dès le 14 avril. Depuis, de nombreux cas ont été recensés dans le monde, mais « il n'est pas clair s'il y a eu une augmentation des cas d'hépatite ou une attention accrue pour les cas d'hépatite qui surviennent au taux habituel mais restent indétectés », précise l'agence onusienne.
Dans son point épidémiologique, l'OMS indique qu'à date les 169 cas recensés ont été détectés dans 11 pays de la région Europe et aux États-Unis. Ainsi, ont été identifiés 114 cas au Royaume-Uni, 13 en Espagne, 12 en Israël, 9 aux États-Unis, 6 au Danemark, 5 en Irlande, 4 aux Pays Bas, 4 en Italie, 2 en France, 1 en Roumanie et 1 en Belgique.
Les enfants atteints étaient âgés de 1 mois à 16 ans, et 17 (soit environ 10 %) ont eu besoin d'une transplantation. Des symptômes gastro-intestinaux (douleurs abdominales, diarrhée, vomissements) étaient rapportés juste avant l'hépatite sévère avec ictère et des ASAT et ALAT élevées (> 500 UI/l). De la fièvre était présente chez la plupart des enfants. Les virus les plus fréquents en cause dans les hépatites (virus de l'hépatite A, B, C, D et E) n'ont été détectés dans aucun de ces cas.
Une zone d'ombre
Sur les 74 cas avec adénovirus et pour ceux ayant eu un test moléculaire, 18 présentaient le type 41 (il en existe une cinquantaine). Ce type d'adénovirus se présente habituellement par des symptômes digestifs et respiratoires. Quelques cas d'hépatites avaient été décrits chez des enfants immunodéprimés, mais pas chez des enfants sains jusque-là. Le Sars-CoV-2 était aussi retrouvé dans 20 cas et 19 avaient une co-infection Sars-CoV-2/adénovirus. La piste de la vaccination Covid n'est pas retenue, alors qu'une très grande majorité d'enfants n'avaient pas été vaccinés.
La piste de l'adénovirus semble se renforcer, même si ces virus « ne causent en général pas d'hépatite », avait remarqué la Pr Sheila Bird de l'unité MRC Biostatistics de l'université de Cambridge sur le Science Media Centre. « Il s'agit tout de même d'une complication rare mais connue de ce virus », avait-elle ajouté.
Une circulation plus intense après le Covid
Par ailleurs, le Royaume-Uni, qui compte le plus de cas, a « observé une augmentation significative des infections à adénovirus dans la population (en particulier détectés dans les prélèvements de selles des enfants) après les faibles taux de circulation précédemment lors de la pandémie de Covid-19 », indique l'OMS. Un phénomène également décrit aux Pays-Bas. Il est possible qu'il s'agisse « d'un phénomène existant rare survenant à des taux non détectés précédemment, qui est désormais reconnu en raison de tests plus fréquents pour l'adénovirus », est-il avancé dans le communiqué.
Les investigations se poursuivent dans les pays concernés, en incluant davantage de détails cliniques et sur les expositions, des tests toxicologiques (alimentaires et environnementaux) et des tests complémentaires virologiques et microbiologiques.
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