Désogestrel et risque de méningiome : après les médecins, l'ANSM sensibilise individuellement les patientes

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Publié le 10/09/2026

Quelque 90 000 médecins et 1,6 million de femmes ayant pris un contraceptif à base de désogestrel vont recevoir un courrier d'information de l'Agence nationale de sécurité du médicament, les informant du risque rare de méningiome associé à ces contraceptifs. 

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Crédit photo : Unsplash

Quelque 1,6 million de femmes ayant pris un contraceptif à base de désogestrel (Antigone, Cerazette, Elfasette, Optimizette...) vont recevoir un courrier nominatif les informant d'un risque rare de développer un méningiome, annonce ce 10 septembre l'Agence nationale de sécurité du médicament. Les professionnels de santé ayant prescrit ces contraceptifs - 90 000 médecins, notamment - ont également reçu en août un courrier pour les informer, de nouveau, sur ce risque et de les prévenir de la diffusion de cette information personnalisée à leur patiente.

En cas de maux de tête persistants, troubles visuels, faiblesse musculaire, troubles de l'équilibre ou du langage, perte de mémoire, ou épilepsie nouvelle ou aggravée, ces femmes doivent consulter leur médecin, indique le courrier de l'ANSM, et une imagerie cérébrale (IRM) pourra être réalisée. Car ces symptômes peuvent être dus à l'apparition d'un méningiome, une tumeur qui peut causer de lourdes séquelles (vision troublée, perte auditive, d'odorat, céphalées, pertes de mémoire, crises d'épilepsie...).Pour rappel, l'IRM est réservée aux femmes présentant des signes évocateurs de méningiome, donc, mais aussi à celles initiant un traitement par désogestrel, exposées plus d’un an, par le passé, à un ou plusieurs progestatifs à risque. 

Le risque de méningiome lié au désogestrel est faible, rappelle l'ANSM, à la lumière d'une étude du groupement d'intérêt scientifique Epi-Phare en 2024. Une femme sur 67 000 y ayant eu recours développe un méningiome lié à ce contraceptif, et une sur 17 000 à partir de cinq ans de traitement. Ce risque accru est multiplié par deux au bout de sept ans de prise, mais disparaît un an après l'arrêt du contraceptif. Il concerne en particulier les femmes de plus de 45 ans et celles ayant pris auparavant un progestatif considéré comme à risque pendant plus d'un an.

Un risque sans commune mesure avec celui de l'Androcur 

Le risque de méningiome lié au désogestrel est très inférieur à celui lié à la prise d'Androcur, Lutényl, Lutéran, Colprone, Depo Provera, des progestatifs pour lesquels une surveillance par imagerie cérébrale est systématiquement préconisée. « Ce risque (de méningiome, ndlr) est faible, sans commune mesure avec celui de l'Androcur, qui était multiplié par 20 au bout de cinq ans», a insisté la Dr Isabelle Yoldjian, directrice médicale de l'autorité sanitaire, lors d'un point presse.

L'ANSM préconise toutefois de ne pas interrompre sa contraception sans avis médical - pour ne pas risquer une grossesse non désirée - mais d'aborder ce sujet avec son médecin, sa gynécologue ou sa sage-femme lors de sa prochaine consultation de routine.

L'Agence demande aux médecins d'informer leurs patientes du risque de méningiome associé à la prise de désogestrel, et de réévaluer tous les ans le bien-fondé de la contraception au regard notamment de leur âge, de leurs traitements antérieurs, leurs antécédents médicaux et de leur mode de vie, et ce jusqu’à l’âge de la ménopause. 

Ce risque sera inscrit dans les notices de ces contraceptifs, a décidé cet été l'Agence européenne des médicaments (EMA), saisie par l'agence française du médicament.

L'ANSM met aussi en ligne une foire aux questions (ansm.sante.fr). 

C.G. avec AFP

Source : lequotidiendumedecin.fr