Une équipe suédoise a montré que certains virus dont la réplication a lieu dans le noyau de la cellule hôte détournaient la protéine humaine ZC3H11A pour se développer. Cette découverte a été publiée dans les « PNAS ».
De précédentes études ont montré que ZC3H11A, protéine nucléaire présente chez tous les vertébrés, est l'un des constituants du complexe de transcription et d'exportation de l'ARNm (TREX).
ZC3H11A, un rôle central dans la réplication de certains virus
Afin d'étudier le rôle de ZC3H11A, les chercheurs ont utilisé la lignée cellulaire humaine HeLa. Dans certaines cellules, le gène ZC3H11A a été inactivé grâce au système CRISPR/Cas9 (cellules « KO »). Ces cellules se sont développées de la même façon que les cellules pour lesquelles le gène n'a pas été inactivé (« wild type », WT). La fonction de ZC3H11A ne semble ainsi pas essentielle pour la croissance cellulaire.
Les cellules KO et WT ont ensuite été infectées par l'adénovirus humain de type 5. Les résultats, inattendus, ont montré que la production de protéines virales était nettement diminuée chez les cellules KO par rapport aux cellules WT, suggérant un rôle majeur de ZC3H11A dans la réplication de l'adénovirus humain de type 5.
Les mêmes constats ont été faits pour d'autres virus à réplication nucléaire (influenza virus, VIH et virus Herpes simplex), mais pas pour les deux virus étudiés dont la réplication se déroule dans le cytoplasme (virus de la forêt de Semliki 4 et virus de la vaccine [souche Western Reserve]). « Cette étude montre que la protéine ZC3H11A humaine apparaît nécessaire pour une croissance efficace de plusieurs virus humains avec un cycle de réplication nucléaire », résument les auteurs.
Une piste pour de nouveaux traitements antiviraux
Alors qu'une infection virale empêche généralement la production des protéines de la cellule hôte pour son propre intérêt, les chercheurs montrent ici une augmentation de la production de la protéine ZC3H11A dans les cellules infectées. Il semblerait en effet que les virus à réplication nucléaire détournent les mécanismes cellulaires de la cellule hôte en utilisant ZC3H11A dans le but de faciliter l'export des protéines virales du noyau vers le cytoplasme.
Ces résultats ouvrent la voie à de nouvelles thérapies antivirales ciblant ZC3H11A, d'autant plus que la suppression de cette protéine ne semble pas avoir de conséquences sur la cellule. « Un objectif majeur pour l'équipe est maintenant de tester si [ces médicaments] peuvent bloquer la façon dont les virus profitent de la fonction de la protéine ZC3H11A et si cela va nuire à la croissance virale chez les animaux vivants, et pas seulement dans les cellules », indique Leif Andersson, auteur senior de l'étude.
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