Directeur du laboratoire « Chimiothérapie antiparasitaire » de la Faculté de Pharmacie de l'université Paris-Saclay et membre de l’Académie nationale de Pharmacie, le chercheur Philippe Loiseau s'alarme de l'augmentation des cas de leptospirose en France sous l'effet du changement climatique.
Selon les données de Santé Publique France, on dénombrait, en 2019, 676 cas identifiés par le centre national de référence. Ce chiffre est en augmentation constante depuis 2009 (193 cas). En 2019, l’incidence estimée était de 1,05 cas pour 100 000 habitants, avec un gros contingent de contamination au début de l'automne et un pic systématiquement observé au cours du mois de septembre. L'agence précise que le taux d'incidence dans les territoires d'outre-mer est 12 à 70 fois plus élevé qu'en France métropolitaine.
La leptospirose est une anthropozoonose provoquée par une bactérie du genre Leptospira, émise par les urines d'animaux infectés vivant en eau douce. Les hôtes animaux sont généralement asymptomatiques. Chez l'homme, en revanche, environ 10 % des cas sont fatals, des suites d'une insuffisance rénale, d'une insuffisance hépatique, d'une atteinte pulmonaire ou, plus rarement, d'une méningite.
Un vaccin d'efficacité limitée
Pour Philippe Loiseau, le nombre de cas survenant en milieu rural est vraisemblablement sous-estimé « du fait que les premiers symptômes rappellent ceux d'une grippe d’où la difficulté diagnostique et donc une méconnaissance des formes légères et une prise en charge tardive des formes modérées et sévères. La situation en France ultra-marine est pire », décrit-il dans un communiqué. Le chercheur alerte contre l'efficacité et le spectre d'action modérés du vaccin, ainsi que son coût élevé.
Les pisciculteurs d'eau douce sont particulièrement exposés et la leptospirose est reconnue dans cette profession comme une maladie professionnelle. Au cours des dix dernières années, les hivers de plus en plus cléments liés au changement climatique ont favorisé la pullulation des rongeurs réservoirs.
Philippe Loiseau appelle ses collègues de l'Académie nationale de pharmacie à formuler « des suggestions de recommandations aux niveaux épidémiologique et vaccinal », ainsi que des propositions « d'initiatives de soutien à la recherche dans ce domaine ».
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