Méningites : plus de 250 000 décès en 2023 dans le monde, un tiers chez les moins de 5 ans

Par
Publié le 30/03/2026

Malgré des progrès, la méningite reste un fléau mondial responsable de 259 000 décès en 2023, dont plus d’un tiers chez les enfants de moins de cinq ans, selon une étude publiée dans « The Lancet Neurology ».

Crédit photo : BURGER/PHANIE

La méningite a été responsable de 259 000 décès dans le monde en 2023, dont un tiers d’enfants de moins de 5 ans, estime une évaluation présentée comme la plus complète à ce jour, prenant en compte 17 agents pathogènes, y compris les entérovirus non poliomyélitiques.

Selon cette étude publiée dans The Lancet Neurology, 2,5 millions de personnes ont été infectées par la maladie à l’échelle planétaire cette année-là. Les bactéries Streptococcus pneumoniae et Neisseria meningitidis, dont l’infection est évitable par la vaccination, restent les principales causes de décès, tandis que les entérovirus non poliomyélitiques, moins mortels mais très contagieux, sont désormais la première cause d’incidence mondiale.

L’étude identifie trois facteurs majeurs associés à la mortalité : l’insuffisance pondérale à la naissance, la prématurité et la pollution de l’air. Les infections nosocomiales constituent par ailleurs une menace croissante de résistance aux antimicrobiens (Candida spp., Acinetobacter baumannii).

Si les taux de mortalité et d’incidence ont chuté depuis 1990, grâce notamment à la vaccination, les progrès restent insuffisants pour atteindre les cibles de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui vise une réduction de 50 % des infections et de 70 % des décès d’ici à 2030, par rapport à 2015. L’étude révèle aussi une hausse relative des méningites virales, moins graves mais source de handicaps neurologiques.

Ce sont actuellement les pays à faible revenu qui paient le tribut le plus lourd, notamment dans la « ceinture africaine de la méningite », comme le Nigeria, le Tchad et le Niger, où les taux de mortalité et d’incidence sont les plus élevés.

Une couverture vaccinale à améliorer

Le déploiement des vaccins contre Hæmophilus influenzae de type b, le pneumocoque et le méningocoque a sauvé des millions de vies depuis 2000. Pourtant, la couverture reste inégale, notamment en Afrique subsaharienne.

En France, où une hausse des cas d'infections invasives à méningocoque (IIM) a été observée au cours de la saison 2024-2025, la stratégie vaccinale a évolué. La vaccination ACWY et B est obligatoire pour les nourrissons depuis le 1er janvier 2025. Cette nouvelle obligation concerne tous les nourrissons jusqu’à l’âge de 2 ans (24 mois), y compris ceux ayant déjà été vaccinés contre le méningocoque C. Le remboursement du rattrapage vaccinal temporaire contre les méningocoques entre l’âge de 2 et 5 ans a été précisé récemment par plusieurs arrêtés publiés au Journal officiel.

Chez les adolescents de 11 à 14 ans, la vaccination ACWY est par ailleurs recommandée, quelle que soit leur vaccination antérieure. C’est également le cas chez les personnes de 15 à 24 ans, dans le cadre du rattrapage vaccinal. La vaccination contre le méningocoque B peut aussi être proposée aux personnes de 15 à 24 ans.

En Angleterre, une récente épidémie, qui a causé deux morts et totalisé 22 cas d'infection invasive à méningocoque B, a entraîné l’administration de près de 11 000 doses de vaccin et environ 14 000 doses d'antibiotiques.

Pour enrayer la dynamique actuelle, la vaccination doit s’accompagner d’un accès facilité au diagnostic précoce et aux antibiotiques adaptés. Est aussi préconisée une surveillance des résistances aux antimicrobiens, notamment dans les milieux hospitaliers.


Source : lequotidiendumedecin.fr
Sommaire du dossier