UNE DIMINUTION significative de l’incidence et de la sévérité de l’érythème fessier a été observée ces dernières années. Cette diminution est attribuée à la fois à l’amélioration de l’hygiène du nourrisson, mais aussi à la qualité des changes complets absorbeurs d’humidité actuellement sur le marché.
« Cependant, il ne faut pas sous-estimer ces dermites et ne pas hésiter à aborder avec les parents le concret des soins quotidiens compte tenu d’une défiance actuelle de certains parents vis-à-vis des produits cosmétiques ou des changes complets… », explique le Pr Jean-François Stalder (chef de service Clinique dermatologique, CHU Nantes). « La peau d’un nouveau-né n’est pas plus fragile que celle d’un adulte, sa constitution est semblable. La maturité du tissu cutané est acquise dès la naissance à terme. Seule l’occlusion est un facteur qui peut induire un risque de pénétration. »
Rechercher les facteurs étiologiques.
De causes multifactorielles, les dermites du siège sont cependant, dans la majorité des cas, liées à des facteurs mécaniques où l’occlusion, les couches et la macération jouent un rôle initiateur.
« En règle générale, l’interrogatoire et l’examen clinique suffisent pour repérer les facteurs étiologiques et les mécanismes de survenue », précise le Pr Jean-François Stalder. On peut schématiquement distinguer trois tableaux cliniques qui correspondent à des topographies lésionnelles aisément identifiables : la dermite des convexités, la dermite des plis et la dermite diffuse.
La dermite des convexités ou en W est le type de dermite le plus souvent rencontré. D’emblée, elle doit faire évoquer le rôle d’un facteur externe puisqu’elle se superpose aux zones de frottement des couches absorbantes. Cette dermite survient entre 5 et 12 mois, à l’âge où l’enfant acquiert la station assise et commence à se traîner sur les fesses.
La dermite des plis présente, avant tout, une origine digestive ou urinaire (diarrhée, muguet buccal, infections urinaires…). « Une origine infectieuse, à point de départ des émonctoires, doit être systématiquement recherchée dès lors qu’il existe une atteinte des plis. Ainsi, devant une dermite péri-anale ou péri-vulvaire, le prélèvement à l’aide d’un écouvillon à la périphérie des lésions est indispensable », déclare le Pr Stalder. « Les dermites périanales, en dehors des causes digestives, peuvent aussi correspondre à une candidose survenant pendant le premier mois de la vie, induite par un traitement antibiotique prolongé chez un nouveau-né traité pour une infection néonatale. »
Les dermites diffuses correspondent à l’évolution des formes précédentes. La dermite diffuse d’emblée s’accompagnant de lésions du visage (maladie de Leiner-Moussous) a pratiquement disparu.
Un traitement et des conseils simples.
Une dermatose du siège guérit en principe rapidement à condition de suspendre l’agent causal et de faciliter la cicatrisation par des conseils simples.
Dans tous les cas, la lutte contre les facteurs favorisants (macération, frottement, contact prolongé) fait partie du traitement préventif.
L’application d’une pâte à l’eau ou d’une pâte de zinc sur les zones érodées permet de protéger la peau lésée. « À l’occasion des changes, seule la couche superficielle salie par les matières est à rincer : le nettoyage complet risquant d’agresser un peu plus la peau lésée », souligne le Pr Jean-François Stalder.
Attention au choix du produit lavant. Le savon de Marseille n’est pas adapté à la peau du nourrisson, son pH est trop élevé, ce qui risque de modifier l’écosystème de sa peau. La peau de l’enfant a un pH autour de 6,5 dont il faut essayer de se rapprocher. Les bains antiseptiques (permanganate) sont à proscrire (sauf raison bactériologique avérée). « Il faut aussi éviter la multiplication des produits, certaines mères anxieuses veulent bien faire en essayant tous les produits… Une étude américaine a montré que plus de 8 produits étaient utilisés pour les soins d’hygiène des enfants de moins de 6 mois. A eux tous, ils cumulaient 48 ingrédients avec un important risque de sensibilisation », explique le Pr Jean-François Stalder.
En cas de dermite des plis, les diarrhées, les infections urinaires ou vulvovaginales seront traitées par des antifongiques ou des antibiotiques.
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