« LE TERME angiome regroupe des entités très différentes à la fois dans leur présentation clinique et leur pronostic, explique le Dr Christine Léauté-Labrèze (unité de dermatologie pédiatrique, CHU Bordeaux). Aujourd’hui, on préfère parler d’anomalies vasculaires superficielles. »
On distingue deux groupes d’anomalies : les tumeurs vasculaires dont font partie les hémangiomes du nourrisson très fréquents et les malformations vasculaires qui peuvent être capillaires (angiomes plans), lymphatiques, veineuses ou mixtes.
Laser pour certains angiomes plans.
Chez le nouveau-né, il est fréquent d’observer des angiomes plans « dits en flammèche » au niveau de la région céphalique ou lombaire. « Ces angiomes n’ont aucune valeur péjorative et disparaissent dans les premières années de la vie », souligne le Dr Christine Léauté-Labrèze.
Le véritable angiome plan est présent dès la naissance et persiste toute la vie sous la forme d’une macule variant du rose au violet pourpre généralement bien délimitée. Il n’a pas tendance à s’étendre, mais sa surface grandit proportionnellement avec la croissance. Il entraîne souvent un préjudice esthétique. Il est préférable de demander un avis dermatologique chez les nourrissons présentant un angiome plan localisé au visage ou de grande taille. Le traitement de référence chez l’enfant est le laser à colorant pulsé (585 à 595 nm) qui peut être commencé très précocement. .
Hémangiomes, bénins le plus souvent.
L’hémangiome infantile est également très fréquent chez le nourrisson : de 5 à 10 % d’entre eux sont touchés (jusqu’à 30 % chez les prématurés). Il est plus fréquent chez les filles : 3 à 4 filles pour 1 garçon. L’hémangiome survient dans les premières semaines de la vie. Il n’est pas présent à la naissance, mais il peut exister des lésions prémonitoires (tâche blanche ou tâche rouge télangiectasique). La lésion est de couleur rouge, brillante (communément appelée « fraise »).
L’hémangiome peut être cutané superficiel, sous-cutané ou mixte. L’évolution spontanée des hémangiomes se fait par une croissance avec augmentation de la taille sur une durée de trois à six mois, suivi d’une régression spontanée lente sur trois à sept ans dans 70 % des cas.
« Du fait de cette involution spontanée, la plupart des hémangiomes du nourrisson ne nécessitent donc pas d’intervention thérapeutique », déclare le Dr Christine Léauté-Labrèze. Le diagnostic est clinique et il n’y a pas besoin d’examen complémentaire.
Des formes compliquées dans 10 % des cas.
Cependant, certaines localisations de la face et du cou peuvent mettre en jeu le pronostic vital par compression des voies aériennes supérieures (hémangiome sous-glottique). D’autres hémangiomes péri-orificiels (hémangiome orbitaire, palpébral, labial, narinaire…) peuvent engager le pronostic fonctionnel. Enfin, certaines formes extensives en surface ou en volume causent un grave préjudice esthétique avec un retentissement psychologique tout d’abord chez les parents, puis chez l’enfant lorsqu’il grandit. Toutes ces formes compliquées graves (10 % des hémangiomes) nécessitent bien sûr un avis spécialisé et un traitement adapté. Il en est de même, en cas de complications locales (ulcération) qui peuvent survenir brutalement durant les premiers mois.
Le traitement de première intention repose sur la corticothérapie générale et/ou le propranolol. « Actuellement disponible en ATU, le propranolol a l’avantage d’agir rapidement et d’être une molécule connue, utilisée chez le nourrisson depuis plus de 20 ans avec des données de sécurité rassurantes », précise le Dr Christine Léauté-Labrèze. « Les essais cliniques sont actuellement en cours pour l’obtention d’une AMM ». En cas d’échec, on a recours à la vincristine ou à l’interféron alpha 2a ou 2b (dans des formes viscérales graves).
La chirurgie précoce est indiquée en cas d’hémangiome bien circonscrit.
Le laser peut être indiqué dans les hémangiomes en nappe superficiels, rouges et peu épais situés dans des zones exposées au regard (visage, main…) afin d’accélérer le processus naturel de régression.
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