L'immunothérapie, apparue depuis peu, a permis de faire un bond important avec des bénéfices en survie sans progression et en survie globale. Jamais l'espoir d'arriver à transformer ce cancer bronchique en maladie chronique avec de longues survies, dans des conditions de vie acceptables, n'a été aussi grand ! «Au regard des récents progrès (thérapies ciblées et immunothérapie), c'est désormais aux autorités de tutelle de prendre en compte l'importance du dépistage, car de nombreuses études dans le monde ont montré qu'il y avait un bénéfice à faire un dépistage organisé, avec des critères et surtout des conditions qui restent sans doute à définir. En effet, l'imagerie, adossée à la biologie moléculaire, permettent aujourd'hui de limiter les faux positifs et donc le risque de surdiagnostic, principal frein au dépistage organisé. Enfin, il ne peut pas y avoir de dépistage sans y adjoindre de sevrage tabagique (et le cas échéant, de sevrage au cannabis)», insiste le Dr Debieuvre (GHR Mulhouse).
Pembrolizumab en première ligne
L’arrivée des inhibiteurs de check-point de l’immunité (PD1 et PDL1) constitue une révolution en cancérologie thoracique. Le pembrolizumab, indiqué en deuxième ligne après échec de chimiothérapie, a été évalué en première ligne métastatique ou localement avancé. Une première étude de phase 1 sur le pembrolizumab en première ligne chez des patients qui surexpriment de manière importante (à plus de 50 %) le marqueur PDL1, a été publiée dans Annals of Oncology (étude de R. Hui, «Pembrolizumab as first-line therapy for patients with PD-L1–positive advanced non–small cell lung cancer: a phase 1 trial»). Chez ces patients naïfs de traitement, le pembrolizumab en première ligne a montré un bénéfice en survie sans progression par rapport à la chimiothérapie, ainsi qu'un bénéfice en survie globale majeur. La survie à 12 mois est ainsi de 85 % chez les patients surexprimant PDL1, versus 26,7 % chez ceux qui expriment peu PDL1. Le taux de réponse chez ceux qui expriment peu PDL1 est de 27 % alors qu'il grimpe à 51,9 % chez ceux qui l'expriment à plus de 50 %. Ceci a conduit à l’obtention d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) en première ligne chez ces patients avec un espoir majeur.
Durvalumab post chimio et radiothérapie
Une autre étude, publiée dans le New England Journal of Medicine (étude de S. J. Antonia, «Durvalumab after Chemoradiotherapy in Stage III Non–Small-Cell Lung Cancer»), s'est intéressée à des patients localement avancés (stade III) et pour lesquels le standard de traitement actuel est la chimiothérapie associée à la radiothérapie concomitante. «Ces patients ont bénéficié à la suite de ce traitement de référence, soit du durvalumab, soit d'un placebo toutes les deux semaines pendant un an. La première dose de traitement a été administrée entre J1 et J42 après la fin du traitement conventionnel. L'objectif principal était la survie sans progression et la survie globale. Sur 713 patients randomisés, 709 ont bien reçu le traitement de consolidation : la survie sans progression médiane a été de 16,8 mois dans le bras durvalumab, versus 5,6 mois dans le bras placebo, soit une réduction du risque de progression de 48 %. La survie sans progression à 12 mois a été de 55,9 % versus 35,3 %. Le bémol actuel est que le durvalumab n'est pas accessible, même en ATU en France. Or il n'est pas possible d'extrapoler aux autres inhibiteurs de PDL1 ou PD1 déjà accessibles, faute d'études en ce sens. Les pneumo-oncologues espèrent donc qu'au vu de ces résultats, le durvalumab pourra être rapidement accessible via une autorisation temporaire d'utilisation », conclut le Dr Debieuvre.
D’après une interview du Dr Didier Debieuvre (service de pneumologie, GHRMSA Mulhouse)
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