Motus ! En déplacement dans le Tarn, la Ministre de la Santé a catégoriquement refusé de s’exprimer sur la réunion qui s’est déroulée la semaine dernière entre le Président de la République et des hospitaliers (voir le Quotidien du 27 avril) sur la gouvernance à l’hôpital. Pourtant le déplacement de Roselyne Bachelot était en lien direct avec le projet de réforme de l’hôpital tel que le prévoit la loi Hôpital, patients, santé et territoires. Elle a en effet assisté à la signature d’une convention de coopération entre le CHU de Toulouse et le Centre Hospitalier de Lavaur.
La Ministre a été interpellée par le Pr. Bernard Pradère, Président de la Commission Médicale d’Etablissement du CHU de Toulouse, à propos de la coopération étroite entre médecins et directeurs d’établissements. Un aspect de la réforme qui représente un point d’achoppement important avec la communauté médicale… « Je souhaiterais que cette coopération puisse être visible au plus haut niveau,» a demandé le médecin.Message reçu cinq sur cinq par Roselyne Bachelot, qui lui a assuré « entendre ces inquiétudes et vouloir affermir le pouvoir du soin et du soignant. Un directoire à majorité médicale est indispensable, » a-t-elle déclaré.
Bernard Pradère n’en attendait pas moins, « nous espérons que les amendements et la discussion au Sénat rendront la responsabilité des décisions médicales aux médecins, » a-t-il confié.
La Ministre a par ailleurs pris le soin de rappeler que l’hôpital public n’était pas une entreprise, mais un service public de soins, avec la prévision d’une augmentation globale du budget des hôpitaux de 3,1 % (un chiffre jugé insuffisant dans l’appel des 25 lancé dans le Nouvel Observateur par les chefs de médecine des hôpitaux parisiens) et un programme de rénovation reconstruction de 10 milliards d’euros sur trois ans.
Télémédecine
Roselyne Bachelot a salué la convention signée entre les hôpitaux de Toulouse et de Lavaur concernant la maternité, la pédiatrie, la chirurgie orthopédique et la radiologie. Dans ce cadre, le service de chirurgie de l’hôpital de Lavaur fonctionnera désormais exclusivement en ambulatoire programmé, tandis que l’organisation des transferts de patients sera organisée entre le CH et le CHU. Des professeurs du CHU seront mis à disposition de différents services de l’hôpital de Lavaur et l’accompagnement de la sécurité des urgences sera assuré par la télémédecine. Enfin, le service de soins de suite et de réadaptation de Lavaur aura vocation à prendre en charge rapidement les patients opérés à Toulouse grâce à une augmentation de capacité de 25 lits.
Un discours qui n’a pas convaincu les membres du Comité de Défense de l’Hôpital et de la Santé à Albi, venus nombreux pour manifester leur colère et leur crainte de voir leur établissement en déficit fermer ses portes. « Ce que l’on nous présente comme une collaboration, n’est qu’un moyen de camoufler la fermeture du service de chirurgie de Lavaur », dénonçait le Dr Jean Scheffer, cardiologue et secrétaire de ce comité. Des manifestants que la Ministre a dit « respecter », avant de rappeler « que la vocation des hôpitaux de proximité restaient les urgences, les soins courants et les soins post-aigus », et de conclure que « la réforme Bachelot était bel et bien en marche ! »
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