Cette année, le jury a distingué le professeur Felix Rey, directeur de l’unité de virologie structurale à l’Institut Pasteur pour ses travaux dans le domaine des pathogènes viraux émergents. D’origine argentine et physicien de formation, le Pr Rey a effectué son séjour postdoctoral de biochimie à l’université de Harvard, puis a rejoint le CNRS où il a fait une grande partie de sa carrière, avant d’être nommé à l’Institut Pasteur en 2004.
Depuis 25 ans, le Pr Rey s’intéresse à différentes familles de virus dont un grand nombre est pathogène pour l’homme : herpès, chikungunya, dengue, rubéole ou hépatite C. Ses travaux sont particulièrement orientés vers l’identification des structures moléculaires (épitopes) intervenant dans leur multiplication et communes aux différents sérotypes présents ou aux mutants éventuels.
L’étude de l’assemblage icosaédrique des protéines d’enveloppe virale présentes à la surface de certains virus lui a ainsi permis d’identifier certains mécanismes qui leur sont propres. Ces protéines forment en effet une couche protectrice qui se dissocie lors des interactions du virus avec la cellule cible, tout en provoquant la fusion des membranes virale et cellulaire permettant au virus de libérer son contenu dans le cytoplasme.
Vaccinologie inverse
L’objectif de ces travaux est d’identifier des angles d’attaque pour les générations d’anticorps monoclonaux et de vaccins spécifiquement dirigés contre ces structures. Pour le Pr Rey, « cette approche structurale ouvre la voie à la vaccinologie inverse », c’est-à-dire l’utilisation des connaissances apportées par les structures tridimensionnelles des virus comme point de départ de la conception d’immunogènes vaccinaux capables d’éliciter la production d’anticorps hautement protecteurs.
À l’heure actuelle, l’équipe du Pr Rey porte son attention sur trois familles d’arbovirus sévissant à l’état endémique en Afrique, Amérique du Sud et Asie : la fièvre de la vallée du Rift, plusieurs hantavirus et la fièvre hémorragique Crimée-Congo. Qualifiés de virus émergents ou ré-emergents, ils tendent à déclencher des épidémies dans les pays où ils sont présents tout en gagnant petit à petit de nouveaux territoires dont l’Europe fait partie.
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