Académies des sciences, de médecine, pharmacie, chirurgie, agriculture, vétérinaire, chirurgie dentaire, sept institutions nationales de la santé se sont réunies ce 15 juin autour du thème de l’antibiorésistance. Au cours des dix dernières années, le groupe de veille inter-académies dédié a réuni un nombre croissant de partenaires, jusqu'à regrouper les sept académies en 2022. Un intérêt conforté par le concept « Une seule santé » (« One Health ») mis en lumière par la pandémie de Covid-19.
Cette veille vise à « rapprocher des professions engagées dans l’action en leur fournissant un champ de vision élargi qui les rend plus aptes à formuler des questions pertinentes et à dégager des pistes de progrès originales », est-il indiqué dans un communiqué hepta-académique.
La dissémination des bactéries résistantes et de leurs gènes de résistance chez l’homme, l’animal et l’environnement est un point d'inquiétude prioitaire. Ces véritables « épidémies souterraines » sont à considérer comme l'une des grandes menaces écologiques pour « Une seule santé », tout comme le sont le réchauffement de la planète, la pollution des eaux ou la réduction de la biodiversité, est-il mis en avant.
Prévenir la transmission croisée humains-animaux
Les stratégies de prévention nécessitent « une action globale, concertée et multidisciplinaire » afin d'intégrer « la prévention de la transmission croisée des bactéries résistantes entre humains et entre animaux (hygiène) et le contrôle des eaux usées pour éviter leur dissémination dans l’environnement ».
Les Académies insistent sur l'importance de la surveillance « One Health » de l’antibiorésistance, soulignant « la grande diversité » des marqueurs moléculaires disponibles. « Une approche mondiale de l’antibiorésistance encadrée par les grands organismes internationaux est possible pour tous les écosystèmes et dans tous les pays », exhortent les académiciens. Point d'attention particulier : les rejets de résidus médicamenteux (dont les antibiotiques) doivent être limités dans l’environnement, ainsi que celui de bactéries résistantes.
Filière d'assainissement des eaux usées
Les Académies appellent à promouvoir « des filières de traitements plus exigeantes », que ce soit pour limiter la diffusion de l'antibiorésistance dans le milieu naturel, harmoniser les méthodologies de surveillance ou encore mesurer des gènes de résistance tout au long de la filière d’assainissement des eaux usées et des boues. « L’existence de bactéries telluriques naturellement multirésistantes telles que Burkholderia pseudomallei impose une identification très précoce des agents d’infections communautaires graves », est-il ainsi donné en exemple.
Même si certaines zoonoses liées à l'environnement échappent encore à l’antibiorésistance telle la borréliose, est-il rapporté, il est nécessaire de mieux étudier les situations de transmission de l’antibiorésistance au sein des différents secteurs animaux et ceux de la chaîne alimentaire. Ce travail permettra ainsi « un contrôle plus ciblé sur certaines espèces bactériennes dites sentinelles lors d’échanges internationaux ». Concernant la transmission aéroportée, les académiciens plaident pour le port du masque « pour les infections aiguës ou chroniques, même bénignes de la sphère oropharyngée ».
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