EN 2009, LA FÉDÉRATION française de cardiologie (FFC) avait lancé un Manifeste pour un plan Cœur, signé par près d’un millier de personnes. « Le nombre de décès par maladies cardiovasculaires dans le monde va augmenter fortement dans les années à venir (23,4 millions d’ici à 2030, selon l’Organisation mondiale de la santé contre 17,1 millions estimés en 2004). (...) La France n’échappera pas à cette recrudescence », du fait de la dégradation de nos modes de vie, écrivaient les Pr Jacques Beaune (alors président de la FFC) et Geneviève Derumeaux, présidente de la Société française de cardiologie. Aujourd’hui le constat reste inchangé et la FFC, ainsi que ses partenaires souhaitent avancer dans la mise en place d’un plan Cœur.
Ce jeudi après-midi, 25 organisations se retrouvent au ministère de la Santé à l’occasion d’une table ronde nationale où sera paraphée une charte entérinant « l’engagement des parties prenantes à se réunir et à travailler pour l’élaboration d’une stratégie nationale de prévention, de recherche, de prise en charge et d’accompagnement des personnes touchées ou menacées par une maladie cardiovasculaire ». S’ensuivront en 2012 des états généraux organisés dans toute la France où seront discutés les grands principes constitutifs d’un plan Cœur. Le fruit des travaux de ces états généraux sera synthétisé dans un livre blanc attendu pour 2013. Le document sera notamment transmis aux différents ministères concernés par les pathologies cardio-vasculaires. Un plan Cœur doit d’abord permettre de « donner la visibilité que mérite la cause des maladies cardio-vasculaires », explique au « Quotidien » le Pr Claude Le Feuvre, président de la FFC.
Six axes de travail.
Les plans et programmes de santé publique impliquant le champ des pathologies cardio-vasculaires ne manquent pas : plan d’actions national AVC (2010-2014), plan Maladies rares (2011-2014), plan national Santé Environnement (2009-2013), plan Santé au travail (2010-2014), plan national Nutrition Santé (2011-2015)… « Au total, une vingtaine de plans et programmes qui se chevauchent, s’empilent comme des mille-feuilles et manquent donc de cohérence », constate le Pr Le Feuvre. Pour la FFC, l’intégration de la problématique des maladies cardio-vasculaires dans ces multiples plans d’action se heurte à de nombreux écueils : objectifs de santé publique « très partiellement atteints » en termes de réduction de la mortalité cardiovasculaire et des morbidités évitables auprès des populations fragilisées ; gouvernance qui s’en tient le plus souvent au niveau de la simple incitation ; manque de prise en compte des territoires d’action au niveau local ; volets financiers quelquefois absents ; absence de recoupement entre des campagnes nationales d’information et de sensibilisation sur des messages de prévention primaire ou secondaire… En perspective des états généraux qui prépareront l’élaboration du livre blanc pour un plan Cœur, six axes de travail principaux ont été retenus : réponse à l’urgence face à l’accident vasculaire cérébral, amélioration du suivi des patients après une maladie cardio-vasculaire, recherche, réinsertion sociale des personnes malades, prévention et principe de réalité, femmes ou « les grandes oubliées ».
* Parmi lesquelles la Fédération française de cardiologie, la Société française de cardiologie, l’Alliance du cœur, la Haute Autorité de santé (HAS), l’INPES, la Croix-Rouge française, le Cespharm, la Mutualité française, la Société française de tabacologie.
Endométriose : le ministère de la Santé annonce une extension de l’Endotest et un projet pilote pour la prévention
Pr Ibrahim Yakoub-Agha, hématologue : « Beaucoup d’indices nous intiment de produire des CAR-T cells académiques »
Le traitement des IST virales et parasitaires évolue
La FDA approuve Blujepa, le nouvel antibiotique de GSK dans la cystite