Depuis mars 2017, la mission d'élaborer les recommandations vaccinales est dévolue à la Commission technique des vaccinations (CTV) de la Haute Autorité de santé (HAS), qui a pris le relais du comité technique des vaccinations du Haut Conseil de la santé publique (HCSP). Un an après, la HAS présente son bilan et ses neuf recommandations.
Une meilleure prise en compte de l'évaluation médico-économique
Le Pr Élisabeth Bouvet, membre du collège de la HAS et présidente de la CTV, a d'abord rappelé le contexte actuel, notant « une certaine défiance de la population vis-à-vis de la vaccination, mais aussi des prescripteurs qui affichent un certain conservatisme », conduisant à une couverture vaccinale insuffisante et à la résurgence de maladies comme la rougeole. Déplorant le manque d'innovation de la France ces dernières années, elle salue « une politique ministérielle plus volontariste » avec Agnès Buzyn, en référence aux 11 vaccins rendus obligatoires chez les tout-petits.
Le Pr Bouvet a par ailleurs énoncé les trois grands principes de la CTV : rigueur scientifique, indépendance et transparence. Pour le Pr Daniel Floret, pédiatre, expert en vaccinologie et vice-président de la CTV, ce rattachement à la HAS, « autorité qui jouit d'une bonne réputation », est « de nature à rétablir la confiance ». Cet ancien membre du comité du HCSP assure la continuité entre les deux structures. Il a présenté les améliorations réalisées avec cette nouvelle commission, à commencer par le soutien logistique apporté par la HAS. De plus, « la CTV s'est ouverte à d'autres compétences, avec un membre infirmier et un autre pharmacien par exemple, mais également à la société civile, avec un représentant des usagers. », souligne le Pr Floret. Par ailleurs, la CTV et la Commission de transparence appartiennent désormais à la même entité. Selon le Pr Floret, « cette nouvelle organisation devrait permettre d'éviter les avis divergents qu'il y a pu avoir par le passé ». Il constate aussi « une meilleure prise en compte de l'évaluation médico-économique, fondamentale dans la prise de décision ».
Chaque recommandation est soumise à une consultation publique
Depuis sa mise en place, la CTV a émis 9 recommandations qui ont concerné :
– le vaccin pneumococcique Synflorix. La commission s'est positionnée en défaveur de la stratégie actuelle vis-à-vis des infections à pneumocoques chez l'enfant de moins de 5 ans, sans remettre en cause la balance bénéfice-risque de ce vaccin ;
– la vaccination antigrippale. « Nous avons montré que les nouveaux vaccins contre la grippe, Vaxigrip Tetra et Influvac Tetra, peuvent s'insérer dans la stratégie existante, selon les indications de leur AMM », indique Catherine Rumeau-Pichon, adjointe à la directrice de l'évaluation médicale, économique et de santé publique de la HAS ;
– le vaccin hexavalent Vaxelis dont la place a été précisée : il peut être utilisé pour la pimo-vaccination et la vaccination de rappel du nourrisson selon les schémas actuels du calendrier vaccinal ;
– les pénuries ou arrêts de commercialisation – pour lesquels Catherine Rumeau-Pichon déplore le manque d'anticipation de la part des industriels – ont également fait l'objet de recommandations. L'arrêt de commercialisation du vaccin contre la rougeole Rouvax a entraîné l'actualisation des situations nécessitant une vaccination avant 12 mois et devant recourir au vaccin trivalent ROR. Concernant la pénurie du vaccin pneumococcique non conjugué 23-valent, la HAS a défini des populations prioritaires ;
– le contexte épidémique à Mayotte a conduit la CTV à recommander la co-administration de vaccins dans le cadre de la campagne de rattrapage vaccinal chez les enfants de moins de 6 ans et la vaccination contre la coqueluche chez les femmes enceintes ;
– l'entrée en collectivité qui doit faire l'objet d'une vérification du statut vaccinal ; la HAS souligne l'importance des rappels pour une protection efficace.
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