L’ARABIE saoudite fait face à un énorme défi. Sa population vieillit, les maladies chroniques explosent. Plus d’un adulte sur deux sera diabétique en 2030. L’obésité, le tabac et les accidents de la route font des ravages.
Le royaume, secoué par une vague de contestation populaire en 2011, a décidé d’investir massivement dans la santé. Le Gardien des deux mosquées sacrées en a fait son nouveau credo : « Rien n’est plus important que la santé des citoyens ». Un plan décennal est lancé, qui prévoit la construction de 150 hôpitaux, l’informatisation du système de santé, la mise en place de bonnes pratiques médicales, ou encore le développement de la télémédecine pour abolir les kilomètres de dunes.
L’ami américain semble en perte de vitesse. Une opportunité pour la France, qui entend récupérer sa part de pétrodollars grâce à la vente d’un savoir-faire internationalement reconnu.
Accords en bonne voie.
Courant novembre, une délégation saoudienne a officialisé à Paris le renforcement du partenariat entre les deux pays. Au programme, visite de sites industriels, de Necker, Pasteur, et signature d’un accord à Bercy. « Nous avons le plus important pouvoir d’achat dans la région », a habilement souligné le ministre de la Santé saoudien, le Dr Abdullah Al Rabeah. La ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, s’est félicitée de ce « climat des affaires favorable ». Quand son tour de parole arrive, le vice-ministre de la Santé saoudien prévient que rien n’est acquis d’avance. « Nous avons étudié le système de santé français. Nous travaillons aussi avec d’autres pays », glisse-t-il.
Des accords sont néanmoins en bonne voie, qu’officialisera François Hollande lors de son prochain voyage en Arabie. Sanofi a décroché un contrat important dans le domaine de l’insuline. Pasteur et LFB sont sur les rangs pour la production de vaccins et de plasma. Les poids lourds de l’industrie ne sont pas les seuls bénéficiaires de ce vent nouveau. Ainsi Ecodas, une PME basée à Roubaix qui réalise 80 % de son chiffre d’affaires à l’export, a-t-elle vendu à l’hôpital de Dammam son traitement innovant des déchets médicaux. « Nous voulons revenir à un environnement pur tel que Dieu l’a créé », s’est justifié Abdul Aziz Al Fallatah, le partenaire saoudien d’Ecodas.
La porte de l’accréditation.
Une vingtaine d’entreprises de biotechnologies françaises ont rencontré leurs homologues saoudiens à Bercy. Peu de monde en revanche pour représenter la médecine française, alors que les besoins en formation sont immenses. L’Arabie prévoit de doubler ses effectifs de médecins d’ici à 2022. C’est également le cas pour les infirmiers. Les CHU français ont formé 350 médecins saoudiens depuis 2006 : une goutte d’eau.
Les États-Unis restent les maîtres du jeu dans le champ des référentiels médicaux et de la certification. Et ce d’autant plus que la Haute autorité de santé (HAS) a stoppé toute action à l’international depuis 2008.
Une erreur stratégique aux yeux d’Alain-Michel Ceretti, fondateur du Lien, qui voit l’accréditation comme un cheval de Troie : « Accréditer un hôpital ne coûte pas grand-chose, environ 30 000 euros. D’autres ventes peuvent en découler - la stérilisation, les blocs opératoires, la formation du personnel pour utiliser les nouveaux protocoles... Les Américains ont 750 établissements sous contrat dans le monde, à qui ils vendent un tas de choses ». La société France accréditation que dirige Alain-Michel Ceretti tente de se faire une place au soleil. Depuis sa création, il y a trois ans, elle a signé une quinzaine de contrats. L’association utilise les référentiels de la HAS et ses experts visiteurs. « Les États-Unis sont centrés sur l’Amérique centrale et latine, l’Asie. Notre cible, c’est le Maghreb, le Moyen-Orient », glisse Alain-Michel Ceretti en marge du forum franco-saoudien.
Santé mentale des jeunes : du mieux pour le repérage mais de nouveaux facteurs de risque
Autisme : la musique serait neuroprotectrice chez les prématurés
Apnée du sommeil de l’enfant : faut-il réélargir les indications de l’adénotonsillectomie ?
Endométriose : le ministère de la Santé annonce une extension de l’Endotest et un projet pilote pour la prévention