Les maladies attribuables au changement climatique touchent à 88 % les enfants de moins de 5 ans, tant dans les pays industrialisés que dans les pays en voie de développement, alerte cette semaine le comité sur la santé environnementale de l’ « American Academy of Pediatrics » (AAP) dans sa revue « Pediatrics »*.
D’une part, la pollution de l’air affecte, directement et de manière disproportionnée, les enfants, de part la vulnérabilité de leur métabolisme immature, et leur plus grande exposition relative à l’air, la nourriture et l’eau.
Par exemple, il est désormais bien établi que la qualité de l’air exacerbe les pathologies respiratoires comme l’asthme, qui est devenu la maladie chronique pédiatrique la plus fréquente.
Coup de chaleur
Mais la pollution et la production de gaz à effet de serre affectent également leur santé au travers du réchauffement climatique. La morbidité et mortalité infantile dues aux vagues de chaleur – qui sont de plus en plus longues et de plus en plus intenses – sont à la hausse, précisent les auteurs, citant une étude du « Massachusetts Institute of Technology » (MIT), qui estime, selon un scénario de statu quo, qu’à la fin du XXIe siècle, la mortalité infantile due aux coups de chaleur devrait augmenter de 5,5 % chez les filles et de 7,8 % chez les garçons. Les enfants de moins de 1 an sont les plus vulnérables (de part l’immaturité de leur système thermorégulateur), mais aussi les jeunes athlètes : « Le nombre de décès dus à un coup de chaleur a doublé ces dix dernières années chez les lycéens et étudiants joueurs de football américains », précisent les auteurs.
Ces derniers mettent en avant l’accroissement de l’incidence des maladies vectorielles en lien avec le réchauffement climatique – paludisme, dengue, chikungunya, maladie du virus du Nil, maladie de Lyme... D’après les « Center for Disease Control » (CDC) américains, la maladie de Lyme toucherait environs 300 000 Américains chaque année – les plus à risque étant les enfants de 5 à 9 ans. Le réchauffement climatique entraîne également une hausse des infections, et serait responsable de 48 000 décès supplémentaires par maladies diarrhéiques chez les moins de 15 ans en 2030. Les infections émergentes sont également à la hausse, comme la fièvre de la vallée (coccidioïdomycose) et les méningo-encéphalites amibiennes.
Mais le changement climatique affecte également la santé des enfants au travers des catastrophes naturelles (sécheresse extrême, inondations, incendies, ouragans…), dont la fréquence a triplé entre 2000 et 2009 par rapport à 1980 et 1989, rapportent les auteurs. Si les catastrophes naturelles, elles aussi, accroissent les risques de malnutrition, d’infection pédiatriques, de rougeole, de paludisme, leurs conséquences affectent également l’équilibre mental des enfants, avec notamment davantage de dépressions et de stress post-traumatique. Les auteurs rappellent qu’après les ouragans Katrina et Rita aux États-Unis, 5 000 enfants ont été séparés de leur famille.
Ne pas agir, une injustice
L’Académie juge qu’au vu des connaissances actuelles, ne pas agir serait « un acte d’injustice pour tous les enfants », et appelle les pédiatres, et tous les autres professionnels de santé, à s’engager à leur niveau, dans la lutte contre la pollution et le réchauffement climatique.
Parmi les mesures proposées, l’académie appelle à promouvoir l’éducation concernant les répercussions pédiatriques du changement climatique, à discuter avec les parents – les encourageant à utiliser des moyens de transport en commun, à réduire leur consommation de carburant à consommer de protéines végétales, et à promouvoir des politiques locales, internationales, et internationales qui réduisent les émissions de gaz à effets de serre. « Le changement climatique n’est pas une problématique lointaine et imprévisible. Il s’agit du monde dans lequel vivent nos enfants, et du futur dans lequel ils élèveront leurs propres enfants. Il faut donc un effort public concerté d’éducation et d’engagement politique », conclut l’AAP.
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