EXPLOSION PONCTUELLE ou crise durable ? La pénibilité non reconnue du travail de nuit des praticiens hospitaliers (et au-delà la question du temps de travail à l’hôpital) a en tout cas motivé le SNPHAR-E à déposer un préavis de grève pour ce jeudi.
À l’origine représentatif des anesthésistes-réanimateurs hospitaliers, le syndicat désormais élargi à toutes les spécialités appelle ses 1 400 adhérents et l’ensemble des professionnels à se mobiliser pour que les pouvoirs publics appliquent strictement les normes européennes plafonnant le travail des PH à 48 heures hebdomadaires. « Il n’est pas supportable pour les médecins [hospitaliers] d’être exclus de tous les dispositifs de prévention ou de réduction de la pénibilité au prétexte qu’ils n’exercent pas dans le secteur privé et n’appartiennent à aucune fonction publique », s’agace le SNPHAR-E.
Des conditions « jamais connues ».
Le SNPHAR-E parie davantage sur le report des interventions non urgentes que sur une cessation d’activité des quelque 50 000 PH en activité. « Nous ne pouvons prendre les patients en otage, admet le Dr Yves Rébufat, vice-président et anesthésiste au CHU de Nantes. La programmation opératoire sera assurée ».
Engagé de longue date dans cette bataille, le syndicat a décidé en début de semaine de maintenir son préavis de grève pour aujourd’hui, malgré la parution d’un arrêté censé mettre la France en règle avec le droit européen (« le Quotidien » du 21 novembre).
Ce mot d’ordre traduit un malaise plus profond. Beaucoup d’autres instances représentatives des praticiens hospitaliers (INPH, CPH, SNPH-CHU) soutiennent les revendications du SNPHAR-E sans appeler à la grève des soins. Cette semaine également, la CMH et le SNAM-HP ont dressé ensemble le constat de conditions d’exercice des hospitaliers « de plus en plus préoccupantes, jamais connues par le passé ». Eux aussi évoquent la croissance des « pénibilités non reconnues » et s’apprêtent à alerter les candidats aux municipales sur ce sujet.
« Plus de la moitié des 4 000 anesthésistes hospitaliers exercent au-delà du maximum légal européen, certains bossent jusqu’à 100 heures par semaine », analyse également le Dr Louison Andriamifidy, président du SMARNU. Le syndicat de PH anesthésistes-réanimateurs non universitaires appelle les professionnels à refuser de travailler au-delà des 48 heures hebdomadaires.
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