Le Dr Magali Roussilhe n’est plus médecin depuis le 11 juin. Cette jeune femme, qui exerçait depuis 14 ans, installée depuis deux ans dans une maison de santé à Prayssac (Lot), maître de stage et passionnée par ce métier qu’elle avait choisi à l’âge de 15 ans, a demandé sa radiation.
Sa décision remonte au mois de mai 2020, peu avant le déconfinement. L’Assurance-maladie venait de l’informer que les médecins auraient la mission de recenser les personnes contacts à risque durant l’épidémie de Covid-19. « C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, confie Magali Roussilhe. En médecine, on est amené à déclarer certaines maladies. Mais là, c’était un fichage systématique des gens. Pendant le confinement, on nous a empêchés de voir nos patients et maintenant on nous impose ça ! C’est contraire à mes convictions. »
« Pourquoi nous a-t-on empêchés d'appliquer le traitement du Pr Raoult ? »
L’ex-généraliste remet en question l’efficacité d’une telle mesure à ce moment de l’épidémie. Alors que, selon elle, les solutions étaient ailleurs. « Pourquoi nous a-t-on empêchés d’appliquer le traitement du Pr Didier Raoult ? Je ne dis pas qu’il détient la vérité. Mais c’est au médecin de choisir en concertation avec ses patients ce qu’il y a de mieux pour eux, en toute sécurité… », juge la jeune femme. Elle fustige également les politiques publiques qui ont conduit à affaiblir les hôpitaux, réduisant leur capacité d’accueil des malades pendant l’épidémie.
« J’ai toujours été très critique sur l’organisation des soins, même si j’y ai moi-même participé », poursuit Magali Roussilhe. L’obligation de médecin traitant, les injonctions permanentes des ARS, de la Sécu, de l'Ordre..., « on ne peut plus exercer notre liberté de prescription, notre jugement. On nous impose des protocoles, des approches identiques pour tous les patients… Où est le libre arbitre du médecin ? Ce n’est pas ma conception de ce métier. »
« Je revendique le droit de remettre en question le bien-fondé de certains vaccins »
Elle tique également sur l’obligation vaccinale étendue par Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé. « Que les choses soient claires. Je ne suis pas contre les vaccins. Je suis vaccinée, mes enfants aussi, insiste-t-elle. Mais je revendique le droit de remettre en question le bien-fondé de certains vaccins et d’adapter ma pratique en fonction des patients, de leurs pathologies… »
Pour le Dr Magali Roussilhe, cette pression des tutelles était devenue trop contraignante. « Je me sentais emprisonnée, je ne voulais plus exercer la médecine comme cela. C’est un choix très personnel », assure-t-elle. Aujourd'hui, elle se sent apaisée, « réconciliée » avec elle-même.
Bien sûr, elle a tourné la page de la médecine, mais pas celle des soins. Depuis plusieurs semaines, elle a lancé une activité de développement personnel. « Je n’examine plus les patients, je ne prescris plus, mais je continue à accompagner les gens qui en ont besoin. Le soin en lui-même, l’aide, ça fait partie de ma vie », affirme avec conviction l’ex-généraliste.
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