Celtique comme le breton, romanes comme le corse, le catalan, l’occitan ou le provençal, germaniques comme l’alsacien et le flamand ou isolée comme le basque, les langues régionales parlées en France se rejoignent pourtant par leur caractère très imagé, riche en comparaisons concrètes et en expressions propres.
Les termes liés à la santé et à la médecine n’échappent pas à cette règle, au point que, traduits mot à mot en français, ils peuvent devenir incompréhensibles, à l’image du « docteur du sucre » qui désigne les diabétologues en Alsace, région où le rhumatologue soigne les gens qui ont « mal à la croix », ce qui n’empêche pas « leurs nerfs de se croiser sur l’estomac ». Pour les Bretons, un homme qui a « les nerfs plus forts que le sang » est colérique ou anxieux, et s’il « part avec sa tête », c’est qu’il a perdu la raison. Et certains mots sont tout simplement intraduisibles, à l’image de la « dismania » des Corses, qui désigne un état semi-conscient, inconfortable, que ressentent souvent les patients peu avant leur mort. Les médecins ont donc tout intérêt à maîtriser, sinon la langue régionale, du moins les expressions les plus courantes, s’ils ne veulent pas faire de contresens.
Toutefois, la langue « médicale » évolue elle aussi avec le temps. Les termes médicaux les plus récents, forgés au cours des dernières décennies, sont souvent introduits en français dans la langue régionale, de la même manière que les Français passent un scanner ou posent un stent. Le breton, particulièrement riche en préfixes et suffixes, est par contre capable de « bretonniser » la plupart des termes sanitaires et médicaux.
Quatre généralistes font vivre à tour de rôle un cabinet éphémère d’un village du Jura dépourvu de médecin
En direct du CMGF 2025
Un généraliste, c’est quoi ? Au CMGF, le nouveau référentiel métier redéfinit les contours de la profession
« Ce que fait le député Garot, c’est du sabotage ! » : la nouvelle présidente de Médecins pour demain à l’offensive
Jusqu’à quatre fois plus d’antibiotiques prescrits quand le patient est demandeur