Face à un système de santé à bout de souffle, la lettre ouverte de 35 médecins généralistes béarnais, adressée à Emmanuel Macron, résonne comme un appel au secours.
Dans le courrier que Le Généraliste a pu consulter, les signataires écrivent :
« Depuis de trop nombreux mois, les patients sont de plus en plus nombreux à nous exprimer leur mécontentement : ils cherchent un médecin traitant et se voient opposer des refus, ils attendent leurs rendez-vous parfois durant de longs mois, occasionnant des retards de diagnostic, ils sont parfois obligés de parcourir plus de 100 km pour aller consulter dans des zones mieux dotées médicalement, même les délais de consultation chez leur médecin généraliste surchargé s’allongent inexorablement (…) »
Ils ajoutent : « Toutes ces situations exaspèrent les patients (...) et nous constatons qu’ils ont raison ».
Lourdeurs administratives
Ces généralistes du Béarn font part de leur « profond désarroi » face à cette situation dégradée. « Nous n’exerçons plus dans de bonnes conditions pour nos patients, ni même pour nous », estiment-ils.
À cette problématique d'accès aux soins s'ajoutent les « décisions politiques prises que nous percevons comme un risque majeur d’augmentation du temps administratif, sous forme de réunions, de justifications, d’obligations réglementaires délirantes ».
Ils ajoutent : « Nous voyons arriver des injonctions technocratiques (CPTS, SAS, Avenant 9…) dont les acronymes seraient à reléguer au même niveau que FBI (Fausse Bonne Idée), et qui, imposées par les institutions, nous semblent incompatibles avec une évolution favorable à court, moyen et long terme de cette situation ».
Cette lourdeur administrative contribue « à nous couper de nos patients et de leurs besoins », écrivent-ils.
Complexification de l'exercice
Les signataires de la lettre dénoncent par ailleurs le manque criant de personnels pourtant indispensable pour les assister dans leurs tâches quotidiennes.
« Nous sommes devenus plus que médecin généraliste, nous sommes aussi dermatologue, médecin du travail, psychiatre, médecin de prévention, ORL, gynécologue, assistant social, médecin scolaire, ophtalmologue avec un niveau exigé devenu proche de ceux qui détiennent ces spécialités », soulignent-ils.
Pourtant selon les signataires, « des solutions existent, elles sont nombreuses et cohérentes avec notre pratique ».
Sans préciser la nature de ces solutions, ces généralistes du Béarn appellent le gouvernement à agir « pour que les médecins apaisés, soutenus dans leur travail, reconnus pour leur compétence, puissent poursuivre leur mission dans l’intérêt du bien commun. »
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