Salle comble hier soir à l’Espace Mayenne de Laval à l’occasion de la présentation des premières préconisations issues des États Généraux de la Santé du département initiées le mois dernier.
Il faut dire qu’aucun des acteurs concernés par l’accès aux soins sur le territoire mayennais, très sérieusement touché par le déficit de praticiens, n’a ménagé sa peine : élus, patients, soignants, ordre des médecins… En tout, ce sont 1 528 intervenants qui, en un mois, ont apporté leurs contributions. À l’arrivée, en forme de première étape ? Un livre blanc fort de 25 propositions et de 10 priorités à développer.
« Ces éléments qui ont fait consensus peuvent se décomposer en 3 blocs : l’organisation de l’offre de soins et la coopération professionnelle, la relation patient-soignant et la nouvelle consommation de soins, et l’attractivité du territoire », expliquait en préambule le président du Conseil départemental, Olivier Richefou.
Désengorger la médecine générale
Dans le détail et parce qu’on « n’a pas besoin de passer devant le médecin pour tout et n’importe quoi », comme le souligne en exergue l’un des contributeurs, l’une des premières pistes proposées est de réfléchir au recours, comme point d’appui, à d’autres professionnels de santé que les seuls généralistes. En l’occurrence, « les infirmiers de pratique avancée qui sont maintenant identifiés comme une alternative possible au passage systématique devant le médecin », car ils peuvent renouveler des ordonnances ou adapter les traitements. Une solution présentée comme efficace pour désengorger la médecine générale tout en continuant à assurer le suivi des patients. Seul bémol, « les médecins comme les patients connaissent parfois mal les contours précis de cette profession », relève les conclusions du livre blanc, qui propose d’intensifier l’information en la matière.
Harmonisation des outils informatiques
Et à propos d’échanges, les contributeurs suggèrent également « d’améliorer les relations et la communication entre les professionnels de la ville et ceux des hôpitaux ». Exemples à l’appui. « Les nouveaux arrivants, que ce soit dans un cabinet ou dans un établissement, peuvent rencontrer des difficultés à s’intégrer dans l’offre locale de soins. Les soignants souhaitent connaître davantage leurs homologues là où ils exercent, et favoriser des projets communs », souligne le rapport, qui insiste aussi sur la nécessaire harmonisation des différents outils informatiques utilisés par les libéraux et les hospitaliers. Et propose également le recours à des généralistes retraités volontaires avec des horaires aménagés.
Diversifier les offres de statut pour les internes
Quant à l’arrivée de sang neuf, les Mayennais misent sur l’attractivité intrinsèque de leur territoire, pour peu qu’elle soit mise en avant… et sur la prise en compte des aspirations de la nouvelle génération de médecins. À savoir leur intérêt pour des modes d’exercices qui ne sont plus nécessairement univoques. Comme le souligne le livre blanc. Les soignants arrivant sur le territoire sont aujourd’hui intéressés par différents types d’exercice : salarié, libéral, mixte avec une part à l’hôpital, etc. Que ce soit en fin d’internat, en cours de carrière ou en début de retraite, une offre diversifiée est vue comme une source d’attractivité.
Un constat que résume le président du Conseil départemental. Concrètement, si l’on veut être plus attractif pour les internes, il faut avoir des liens forts avec les CHU de Rennes et d’Angers, même s’ils dépendent d’Universitéśs et d’Agences régionales de santé différentes ». À condition toutefois d’améliorer des détails pratiques comme… les horaires des liaisons ferroviaires.
Un généraliste conseiller départemental
Ces premières propositions, qu’il a grandement contribué à organiser au cours du mois dernier, réjouissent le Dr Jean-François Sallard, médecin généraliste à la retraite et conseiller du département. « J’ai exercé trente-neuf ans dans mon petit coin de Mayenne. À l’ancienne, en solo, avec mon épouse qui assurait le secrétariat et la compta. Je me souviens que j’avais même dû racheter la clientèle de mon prédécesseur, c’est dire ! Je regarde aujourd’hui les choses qui évoluent. Moi-même je suis progressivement, sur la fin de mon exercice, devenu coordinateur d’une MSP. Nous y avons développé les activités de maîtres de stage, qui est une bonne façon de faire découvrir l’exercice dans la région aux jeunes médecins. Mais ces États généraux n’étaient que la première étape. Nous allons nous réunir à nouveau très prochainement au sein du conseil départemental pour voir de ce que nous pouvons, concrètement, mettre en œuvre ». À suivre donc.
François Petty
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