La lettre du Collège de la Haute Autorité de santé (HAS), publiée le 31 mars dernier, continue de faire réagir. Elle avait révélé une grande inquiétude « quant à la capacité du système à dispenser des soins et à assurer des accompagnements de qualité sur l’ensemble du territoire ». Cette lettre avait souligné « le manque de coopération et de coordination entre secteurs ambulatoire et hospitalier, et entre secteurs sanitaire et médico-social ; mais aussi les modes de financement qui rémunèrent l’activité plutôt que la qualité ou la pertinence des soins. »
Lundi 9 mai, le collectif « Santé en danger » y répond dans un communiqué et propose ses propres solutions, pour lutter contre la désertification médicale. « Nous demandons une restructuration réfléchie, cohérente et concertée du système de soins pour préserver une médecine de proximité libre, seul garant d’une véritable qualité des soins. »
Restaurer l’attractivité et amorcer des réformes
Ainsi les médecins du collectif réclament une série de mesures pour garantir l’accès aux soins pour tous et lutter contre la désertification médicale : « une réelle augmentation du nombre de médecins formés, pour assurer les missions de soins à l’échelle des territoires » ; « de réelles aides à l’installation avec notamment la mise en place de financements de secrétariats médicaux et/ou la création de pools de remplaçants territoriaux » ; « l’allègement des procédures administratives et des rejets de Sécurité sociale » ; « le maintien de la tarification à l’acte avec une revalorisation du montant de la consultation » ; « la création de nouvelles tarifications complexes pour les patients complexes en termes de pathologie ou en ALD » ; « la revalorisation du montant de la visite à domicile pilier majeur du maintien à domicile des personnes âgées et fragiles ».
Le collectif réagit également aux propositions évoquées lors de l’élection présidentielle et se prononce contre la coercition, préférant les mesures incitatives concrètes, comme la prise en charge des secrétariats, des locaux et du personnel des jeunes médecins. Il est également en faveur d’une mise en place d'outils de communication pour le partage d’information et de cadres innovants de soins pilotés par des équipes sur les territoires.
En revanche, les médecins sont contre les gardes obligatoires. Enfin, ils disent « oui » à la délégation de certaines tâches, « non médicales et chronophages », et au maintien de l’évolution de carrière grâce au développement personnel continu (DPC), aux maîtrises de stages, aux formations universitaires, etc.
Des propositions sur l’hôpital
Par la voix de son porte-parole Dr Arnaud Chiche, le collectif conçoit les problèmes d’accès aux soins de façon conjointe avec l’hôpital. « Il est scandaleux de laisser les services d’urgence livrés à eux-mêmes, coincés par le manque de lits d’aval consécutif au manque d’attractivité des professions du soin et à une politique globale de fermetures de lits dans les hôpitaux avec des difficultés à transférer les patients. En amont l’organisation du soin de ville souvent désertique impacte également de façon majeure nos services d’urgences. Elle nécessite une réorganisation territoriale avec les professionnels de terrain. »
Grâce à une enquête menée en ligne auprès de 40 médecins urgentistes et 30 généralistes répartis sur le territoire, interrogés sur les déserts médicaux et la crise à l’hôpital, le collectif formule une série de propositions sur l’hôpital. Et pour renforcer le lien ville-hôpital, le collectif propose la création de maisons médicales de garde intra-hospitalières, ainsi que de favoriser la participation de médecins généralistes et spécialistes aux « pools » de garde des urgences hospitalières sur la base du volontariat. Il demande également « des renforts massifs et rapides du Service d’accès aux soins (SAS) concernant la régulation hospitalière de l’urgence et le premier recours en médecine générale (médecins régulateurs et effecteurs pour la permanence des soins en ville) ».
Mettre en place un gestionnaire des lits disponibles
Le collectif veut que « dans chaque établissement de santé un gestionnaire des lits disponibles soit mis en place ». L’objectif est de permettre le transfert rapide des patients (en moins de 24 heures) vers une unité adaptée après traitement et orientation médicale aux urgences. Autre revendication : un « plan nuit et week-end » avec une « revalorisation salariale immédiate ».
« Santé en danger » réclame une « réorganisation des soins et une amélioration rapide de la qualité de vie aux urgences : présence d’assistants médicaux administratifs au service des patients et des médecins », ainsi qu’une modernisation du système informatique et des logiciels métiers.
Pour le collectif, qui veut améliorer l’attractivité pour les professionnels de santé et les patients, le ratio patient/soignant devrait être limité à un binôme infirmier et aide-soignant pour 12 patients. De même, il ne devrait pas avoir de patient hospitalisé plus de 24 heures aux urgences. Les praticiens demandent une « revalorisation salariale des médecins urgentistes (restauration des 4 années d’ancienneté pour tous les PH nommés avant octobre 2020, revalorisation indemnités de garde) et des paramédicaux », ainsi qu’une « prise en compte et paiement des heures supplémentaires », notamment.
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