Ce n’est pas une surprise, mais c’est désormais officiel : MG France ne signera pas le texte conventionnel proposé par Thomas Fatôme, directeur général de l’Assurance maladie. Le Dr Agnès Giannotti l’a annoncé lors d’une conférence de presse dimanche 26 février, à l’issue de l’assemblée générale du syndicat la veille et de la vaste consultation des adhérents.
Le comité directeur – composé de 45 membres – a voté à 100 % contre le texte de la Cnam. C’est « historique » et « de nature à faire réfléchir les politiques », martèle le Dr Giannotti, pointant du doigt les « incompréhensions mutuelles avec les médecins ». La praticienne explique que le discours du président de la République, la lettre de cadrage de Ségur et la proposition de loi Rist « montrent bien que le gouvernement a verrouillé ces négociations et laissé peu de marge à la Cnam ».
Des médecins écœurés
La médecin généraliste parisienne a lu, émue, quelques paroles rapportées des concertations de la veille avec des adhérents. « J’ai l’impression de vivre dans une société qui ne nous comprend pas. Pourquoi favoriser la médecine à la chaîne ? » ; « Je me lève le matin la boule au ventre, écœurée. Qu’est-ce qu’on fait mal ? » ; « Je suis dans une crise existentielle, je suis à deux doigts de quitter un boulot que j’adore pourtant. »
« 55 heures de travail par semaine, ce n’est pas assez ! Mais il en faut combien ? », s’agace le Dr Giannotti. « Cette convention, c’est devoirs et devoirs ! Et dire qu’il faut qu’on s’engage sous-entend qu’on ne le fait pas ! » Dans tous les cas, ce texte « ne répond pas à l’objectif majeur de trouver un médecin pour chaque français », estime-t-elle. « La ligne rouge est devenue écarlate avec les inégalités avec les spécialistes dans les grilles tarifaires », ajoute-t-elle.
Gare au déconventionnement
Le Dr Giannotti a également mis en garde « ceux qui se sentant incompris parlent de déconventionnement : on ne peut pas y adhérer » car ce serait favoriser les soins pour les personnes les plus riches et les assurances privées, indique-t-elle. Des concertations auront lieu au sein du syndicat pour décider de la suite des actions de grèves et de manifestations, avec comme mot d’ordre, toujours, « une consultation de base à 30 euros, sans condition. »
MG France compte par ailleurs lancer « à l’avenir » un observatoire de la démographie médicale des médecins traitants.
Réponse mardi 28 pour le règlement arbitral
Et maintenant ? Dans le collège Généralistes, aucun autre syndicat ne représente plus de 30 % des voix (nécessaire à l'adoption de la convention) à lui seul. Il apparaît improbable que les autres syndicats libéraux signent d’ici mardi 28 février la convention médicale écrite par la Cnam. Le SML rejoint ce dimanche 26 février MG France et l'UFML-S dans la non-signature de la convention. Ce rejet signifierait donc la mise en place d'un règlement arbitral. C'est l'ancienne inspectrice générale des affaires sociales (Igas) Annick Morel qui sera chargée d’écrire le futur texte, sans être toutefois tenue de s’appuyer sur les discussions passées.
La dernière fois qu’une convention médicale a été rédigée par un arbitre, c’était en 2010 et elle s’était appliquée une année durant… avant qu’un nouvel accord conventionnel ne soit signé par les syndicats.
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