Dans l’obésité pédiatrique, aussi, la combinaison TMO et mesures comportementales est gagnante

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Publié le 23/06/2026

Si les thérapies comportementales ont longtemps été la pierre angulaire de la prise en charge de l’obésité en pédiatrie, l’arrivée de médicaments anti-obésité a ouvert de nouvelles perspectives. Une méta-analyse publiée dans « Jama Pediatrics » fait le point sur les approches les plus efficaces.

Dans l’obésité pédiatrique, aucune intervention seule, qu’elle soit médicamenteuse ou comportementale, n’est suffisante. Les résultats d’une méta-analyse montrent que c’est l’association de modifications du mode de vie et de médicaments contre l'obésité qui est associée à la plus forte réduction pondérale à court terme (généralement de 6 à 12 mois) chez les adolescents obèses.

Publiée dans le Jama Pediatrics, cette étude a compilé les données de 42 essais cliniques randomisés (3 835 participants âgés de 10 à 19 ans, âge médian de 14,5 ans, 59 % de filles). Plusieurs prises en charge de l’obésité ont été comparées : les interventions sur le mode de vie (HBLT, pour Health Behavior and Lifestyle Treatment) qui combinent nutrition, activité physique et thérapie comportementale, avec deux niveaux d’intensité (de 6 à 25 heures de contact ou plus de 25 heures) ; les thérapies médicamenteuses (agonistes des récepteurs du GLP-1 - sémaglutide, liraglutide, dulaglutide, exénatide – ou metformine, orlistat, phentermine-topiramate) ; ou une combinaison des deux.

Des bénéfices au-delà de la perte de poids pour les thérapies comportementales

La méta-analyse montre que tous les traitements pharmacologiques sont plus performants lorsqu’ils sont associés à des mesures comportementales plutôt que prescrits seuls. Le sémaglutide associé à un accompagnement a été associé à la plus forte réduction de l’IMC (différence moyenne : -8,31) et du score z de l’IMC* (différence moyenne : -1,80), bien que cette estimation repose sur un nombre limité d’études. En comparaison, un autre aGLP-1, le liraglutide, n’a permis de réduire le score z de l’IMC que de 0,04. Même tendance avec la metformine : en association avec un programme HBLT, la molécule a permis un recul de l’IMC de 4,95 kg/m², alors qu’aucune réduction significative de l’IMC n’est observée quand elle est prescrite seule.

Les interventions comportementales seules restent tout de même un pilier de la prise en charge. Même sans médicament, un programme de HBLT intensif (plus de 25 heures) entraîne une baisse notable de l’IMC (-3,85 kg/m²) et du score z de l’IMC (-0,89). Cette approche favorise par ailleurs la réduction de la masse grasse sans perte de masse maigre (LM). Et les bénéfices vont au-delà du poids en améliorant la qualité de vie et les compétences comportementales.

Les traitements apparaissent ainsi comme un complément aux interventions non médicamenteuses. Ils sont à réserver aux cas sévères ou résistants au HBLT seul, préconisent les auteurs. « Les médicaments ne doivent jamais être prescrits isolément ; une approche centrée sur la personne et sa famille, adaptant l'intensité du traitement aux besoins médicaux, est essentielle », concluent les auteurs.

Pour rappel, les TMO sont toujours prévus en seconde intention selon la Haute Autorité de santé ; ils doivent être associés à un régime hypocalorique et à une activité physique adaptée. Ils ne sont actuellement pas remboursés chez les enfants, contrairement aux adultes qui peuvent bénéficier d’une prise en charge par l’assurance-maladie du Mounjaro (tirzépatide) et du Wegovy (sémaglutide). « Nous dénonçons une inégalité d’accès aux traitements. Ceci d’autant plus que l’obésité infantile souffre d’une surreprésentation des catégories socio-économiques les moins favorisées », a regretté la Pr Agnès Linglart, présidente de la Société française de pédiatrie (SFP).

*Le score z de l’IMC traduit l’ampleur de l’écart par rapport à la moyenne et permet de classer les différents statuts pondéraux chez les enfants et les adolescents.


Source : lequotidiendumedecin.fr