L’hospitalisation privée en congrès annuel

Les cliniques en mal de repères

Publié le 28/11/2013
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MARISOL Touraine viendra-t-elle aux journées de la FHP à Marseille ? Le déplacement est prévu à son agenda. Une annulation de dernière minute, comme l’an passé, serait interprétée comme un camouflet de plus pour l’hospitalisation privée. Un secteur qui peine à s’imposer comme un interlocuteur privilégié auprès des politiques, a fortiori depuis l’élection de François Hollande.

Le président Jean-Loup Durousset, durant ces journées, dévoilera la stratégie nouvelle de la FHP, fruit de longs mois de réflexion. Son deuxième mandat touche à sa fin. En briguera-t-il un troisième ? Il qualifie la question de prématurée. Lamine Gharbi, lui, est déjà en campagne. Le président du syndicat FHP-MCO espère rafler la présidence de la FHP en juin prochain. Aux représentants du secteur qu’il rencontre, le PDG de Cap santé promet un changement de cap. Un ton nouveau, aussi. Lamine Gharbi, c’est l’auteur des publicités musclées dans « le Monde », interpellant Marisol Touraine sans gants : « Soyez la ministre de tous ». C’est l’auteur de communiqués attaquant frontalement les hôpitaux publics. « Lamine Gharbi a une faim terrible. Ce sera possible de se faire entendre avec lui. Il a toutes les chances d’être élu », estime ce patron de cliniques MCO.

Arrêter de taper sur les hôpitaux.

Ses proches lui ont recommandé d’adoucir sa communication car ses provocations ne sont pas du goût de tous. « Jean-Loup Durousset est plus habile », note cet autre acteur-clé du secteur. Plusieurs groupes nationaux songent à soutenir le candidat Gharbi, malgré les concessions que leur a accordées Durousset (refonte des statuts de la fédération, baisse des cotisations). Un troisième homme peut aussi sortir du bois. À sept mois des élections, les jeux restent ouverts.

Sur le fond, plusieurs dossiers créent une forme de malaise. La baisse tarifaire qui a annulé les effets du crédit d’impôt emploi compétitivité (CICE) a été mal vécue. Les relations avec les pouvoirs publics et la question des autorisations délivrées par les agences régionales de santé, constituent une autre préoccupation. « La FHF a l’oreille du ministère, pas nous. Il y a deux poids deux mesures », note à regret Gabriel Bossy, président du syndicat FHP-SSR. La raison est politique, pense-t-il : « La gauche ménage l’hôpital ».

La stratégie fait aussi débat : « Il faut arrêter de taper sur les hôpitaux, arrêter de nous battre pour des hausses tarifaires. La réponse à nos problèmes est chez nous, dans nos modes d’organisation », considère Yves Noël, président de cliniques bordelaises et fondateur d’une coopérative regroupant 64 établissements. Ce dernier juge excessif le poids des groupes nationaux au sein de la maison FHP. Gabriel Bossy, lui, estime les soins de suite et la psychiatrie mal défendus. Yves Noël reprend : « Nous n’avons pas encore pris de position pour le vote. Nous nous déciderons pour celui qui proposera la stratégie la plus partageuse ».

DELPHINE CHARDON

Source : Le Quotidien du Médecin: 9284