Parcours de soins, parcours d'obstacles ?

L'Institut Montaigne recommande d'accélérer la digitalisation

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Publié le 01/10/2021
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Formation des médecins à la téléconsultation, accompagnement du patient aux usages digitaux : dans une note publiée cette semaine, le think tank libéral avance des pistes pour améliorer les parcours de soins grâce au numérique. Le contexte est favorable.

Crédit photo : PHANIE

Entre 13 et 24 professionnels différents pour prendre en charge une victime d'un AVC, 28 en moyenne pour un patient atteint de syndromes parkinsoniens et 11 intervenants auprès d'une personne souffrant d'affections psychiatriques de longue durée !

La multiplicité des acteurs impliqués dans certains parcours a de quoi donner le tournis. L'Institut Montaigne, cercle de réflexion libéral, revient sur cette question au travers d'une note publiée cette semaine à destination des professionnels de santé, des patients mais surtout des politiques en vue de la prochaine campagne présidentielle. « Cette note s'inscrit dans la continuité de nos travaux sur la santé numérique et sur le rôle du patient, explique Angèle Malâtre-Lansac qui l'a rédigéeNous avons auditionné une trentaine de personnalités et l'idée était de faire des propositions concrètes ».

Parmi celles-ci beaucoup sont en lien avec la e-santé. « Les patients sont prêts à faire entrer massivement le digital dans le système de santé », affirme le think tank pour qui il faut y mettre davantage de ressources humaines pour accompagner cette transition. Effet de la crise sanitaire, la moitié des généralistes proposent la téléconsultation ainsi que 30 % des spécialistes. « Avec l'épidémie de Covid, tout le monde a expérimenté de nouveaux outils et cela a plutôt plu aux professionnels et aux patients », affirme Angèle Malâtre-Lansac. La période serait donc propice à accélérer sur les usages. 

Transformer l'essai

En clair, avec la feuille de route du numérique en santé (depuis 2019) et les moyens nouveaux consacrés par le Ségur en 2020 (deux milliards d'euros), il se dessine un nouvel alignement des planètes. « Il y a aussi des changements culturels à opérer, ajoute Angèle Malâtre-Lansac. Une de nos propositions les plus importantes est la nécessité de former les étudiants et les médecins à la téléconsultation pour que l'essai puisse être transformé».

L'Institut Montaigne regrette à ce stade l'absence de filière structurée des solutions numériques, faute de quoi il reste difficile de « repenser le parcours dans sa totalité ». L'amélioration du parcours digital de santé devrait passer par l'ouverture – à partir de janvier 2022 – du service public Mon espace santé (avec version améliorée du DMP, messagerie sécurisée, agenda de santé, catalogue de services).

Mais, recadre l'Institut Montaigne, il faudra aussi « générer de l'usage autour du DMP en élargissant les modalités d'accessibilité et favorisant l'expérience patient la plus fluide possible ». L'avenant 9 signé fin juillet par la CNAM et les syndicats incite les médecins à jouer le jeu puisque la bonne tenue du DMP alimentera le forfait structure. Il est temps : né en même temps que le parcours de soins, avec la loi de 2004, le DMP peine toujours à se frayer un chemin.

Véronique Hunsinger

Source : Le Quotidien du médecin