C’est un Danois, Henrik Kehlet, qui développe en 2000 la RRAC. Chaque étape, du préopératoire au postopératoire, est réexaminée de façon à remettre le patient sur pied au plus tôt. Plusieurs mesures sont ainsi mises en œuvre : suppression du jeûne la veille, abandon de la préparation digestive irritante, prémédication allégée voire supprimée, promotion de l’anesthésie locorégionale, abandon de la morphine, des drains et sondes, déperfusion et réalimentation rapide...
Les techniques chirurgicales se veulent moins traumatiques avec la cœlioscopie et l’épargne pariétale. Le patient opéré sous RRAC ne rentre pas chez lui forcément le soir même, comme en ambulatoire, mais son séjour est considérablement raccourci.
« C’est le sens de l’histoire, commente le Pr Jean-Pierre Béthoux, chef du service de chirurgie ambulatoire à Port-Royal (AP-HP), l’un des pionniers de la technique fast-track en France. La durée d’hospitalisation ne cesse de baisser depuis les années 1970 ».
Jusqu’à 30 % de baisse des coûts
Le groupe de cliniques Capio, promoteur de la RRAC, a mis en place des protocoles adaptés dans toute l’Europe il y a trois ans. Le directeur des affaires médicales de la branche française est persuadé que la technique chirurgicale offre un double intérêt, médical et financier. « On peut économiser jusqu’à 30 % des coûts en utilisant moins de sondes, moins de traitements, et moins de lits », affirme François Demesmay.
Grâce à la RRAC, la princesse de Suède est rentrée chez elle deux jours après son accouchement. Une charcutière alsacienne a fait sa tournée en camion au lendemain de la pose d’une prothèse de genou. En 2013, la clinique de la Sauvegarde à Lyon a réalisé une colectomie en ambulatoire : le patient arrivé le matin est reparti à 19 heures.
La RRAC rend le patient acteur de sa prise en charge. Il se lève dès que possible, marche, va prendre sa douche. Les habitudes des professionnels sont bouleversées. Capio France organise des séminaires pour convaincre les libéraux de prendre le train en marche. Le groupe milite aussi auprès des sociétés savantes et des tutelles pour que l’exception devienne la norme. « On prétend qu’on peut faire bien mieux pour bien moins cher », conclut le directeur médical de Capio France.
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