Le Généraliste. Quels thèmes allez-vous aborder au cours de ces troisièmes rencontres ?
Aude Mainguy. On commencera vendredi 22 par des thèmes d’actualité, abordés sous forme de « flashs infos ». Suivront trois ateliers en simultané. Le premier concernera l’exercice de la médecine générale, le deuxième sera l’occasion de revenir sur nos quinze structures régionales, enfin, la filière universitaire de médecine générale sera au centre du troisième atelier. Depuis l’année dernière, en effet, notre syndicat représente également les chefs de clinique de médecine générale. Le samedi 23 les ateliers seront plutôt pratiques : communication verbale et non verbale en consultation ; trucs, astuces et pièges à éviter dans l’exercice libéral ; comment faire de la recherche en médecine générale sans être universitaire, enfin, la meilleure façon de prescrire des actes paramédicaux. Ces rencontres seront également l’occasion de mettre en contact les professionnels du terrain avec les experts et les décideurs. Invitée, la ministre de la Santé, qui ne pourra pas être présente, a délégué la DGOS. Plusieurs doyens de faculté et représentants d’ARS mais aussi du CNGE et de médecins des centres de santé, seront présents.
Allez-vous profiter de l’occasion pour mettre en avant vos revendications ?
A. M. La question du conventionnement des remplaçants sera sans doute abordée. Il faut savoir qu’à ce jour, les remplaçants ne sont pas conventionnés stricto sensu mais par défaut. N’ayant pas signé la Convention médicale, les remplaçants ne peuvent pas participer aux élections professionnelles et, par conséquent, aux négociations, ce qui est regrettable. Nous allons aussi détailler notre proposition d’Offre publique de soins ambulatoires (OPSA) qui devrait permettre aux remplaçants de découvrir le milieu ambulatoire au sein de zones déficitaires sous un statut de salarié. Ce dispositif, présenté début octobre par notre syndicat au ministère de la Santé, ne vise surtout pas à remplacer l’existant, mais à développer une offre salariée en parallèle à ce qui existe déjà en libéral. La ministre nous a paru intéressée et notre proposition sera discutée dans le cadre des réunions de concertation sur les déserts médicaux qui doivent avoir lieu prochainement.
Pouvez-vous détailler ce dispositif ?
A. M. Nous proposons qu’au sein de chaque ARS, un service régional de gestion soit mis en place afin de centraliser les demandes des installés, recruter les remplaçants et les salarier. C’est du gagnant-gagnant parce que d’un côté les médecins installés pourront plus facilement se faire remplacer lors de leurs congés et de l’autre les remplaçants qui signeront ces contrats à durée déterminée (d’une durée minimale de six mois renouvelable six fois) avec l’ARS percevront un salaire fixe équivalent à celui d’un praticien hospitalier (4 081 euros bruts par mois en 2012) mais pourront cumuler, en parallèle, une activité libérale ou d’autres activités salariées. En outre, ils percevront un forfait pour les astreintes dans le cadre de la PDS. Les offres de remplacements seront centralisées par les ARS. Il faut en effet que ce service soit adapté au territoire. Les médecins installés ne seraient pas obligés d’adhérer à l’OPSA et en tout cas les adhérents resteraient libéraux. Ils reverseraient simplement une rétrocession au service régional de gestion.
Que devraient faire les pouvoirs publics pour inciter les jeunes à s’installer ?
A. M. Les mesures incitatives provoquent le plus souvent un effet d’aubaine mais n’incitent pas vraiment à l’installation. Mieux vaudrait privilégier l’organisation (secrétariat médical, crèches, transport) ou alors faire bénéficier les groupes d’aides financières. Quant à la coercition, nous y avons toujours été opposés. Elle décourage les jeunes généralistes et ce n’est pas en les forçant à s’installer coûte que coûte que ça ira mieux. En plus, la majorité des remplaçants s’installent un jour. Seulement peu le restent à vie. Ce qui freine l’installation, c’est le manque de stages ambulatoires. Si on avait plus d’enseignants en médecine générale, si on voyait plus de généralistes à la Fac, ça irait mieux, alors qu’aujourd’hui beaucoup choisissent la spécialité médecine générale, sans jamais avoir mis un pied dans un cabinet de généraliste. En outre, la rémunération du généraliste n’est pas adaptée à sa pratique : le paiement à l’acte seul ne prend en compte temps ni le travail de prévention ni celui d’éducation des patients, des activités primordiales dans les soins primaires.
Quatre généralistes font vivre à tour de rôle un cabinet éphémère d’un village du Jura dépourvu de médecin
En direct du CMGF 2025
Un généraliste, c’est quoi ? Au CMGF, le nouveau référentiel métier redéfinit les contours de la profession
« Ce que fait le député Garot, c’est du sabotage ! » : la nouvelle présidente de Médecins pour demain à l’offensive
Jusqu’à quatre fois plus d’antibiotiques prescrits quand le patient est demandeur