La santé n’est pas le sujet numéro 1 du Grand débat national, il est même absent des thèmes prioritaires pointés par Emmanuel Macron. Mais cela n’empêche pas les Français de vouloir évoquer le sujet et notamment les élus. Mardi dernier lors de des échanges entre les maires et les organisateurs du débat organisé en présence du chef de l'État, le Dr Antoine Perrault, maire de Saint-Julien-sur-Sarthe (Orne) et par ailleurs médecin généraliste, a interpellé l'assistance. Il a fustigé ceux qu’il appelle « les remplaçants professionnels qui ne s’installent jamais ». « Ils n’ont pas l’étique médicale que moi j’ai dans ma tête », a-t-il estimé. Le généraliste demande donc à ce que les nouveaux médecins soient tenus de s’installer au maximum cinq ans après leur thèse.
Antoine Perrault, maire de St-Julien-Sur-Sarthe en flagrant délit d'injures publiques envers ses confrères remplaçants : "ils n'ont pas la même éthique médicale que j'ai dans ma tête!", exigeant une obligation d'installation 5 ans maximum après la thèse.#conciliationornot? pic.twitter.com/i05EnAKfLl
— Charles Cousina (@UsainDoc) January 16, 2019
Cette intervention, partagée sur Twitter a fait réagir ces confrères sur les réseaux sociaux.
Il est fou ce type, il veut notre mort ou quoi !!!
— Dr Kawai - No #FakeMed - (@Dr_Kawai) January 17, 2019
Il faut des remplaçants sinon comment les installés vont partir en vacances ou en formation ?
Il est un fait que bcp de jeunes médecins commencent par remplacer et https://t.co/klVFRY34kt vraie question : comment rendre l’installation plus attractive que cette situation peu confortable. La coercition n’est toujours pas la bonne réponse cher confrère ..
— Dominique Thiers-Bautrant (@DominiqueThier1) January 16, 2019
"8000 en France qui pourrait remplir des cases rapidement" Ce médecin "qui a une éthique" considère donc ces confrères remplaçants comme des pions "qui auraient une mauvaise éthique voire pas du tout" qu'il faudrait placer ici et là à la guise des "bons medecins installés" #honte
— Jean (@janbatkipetebat) January 16, 2019
et en cette période de terrible pénurie, comment est t il encore concevable qu on autorise les médecins à devenir Maire ?
— Le Flohic (@DrGomi) January 17, 2019
Le Dr Yannick Schmitt, président du syndicat des remplaçants ReAGJIR a fustigé ce type de discours. « Les remplaçants professionnels cela n’existe quasiment pas. La majorité travaille quand leurs confrères se forment, prennent des congés … sans eux il n’y aurait pas de médecins du tout à ces moments-là », estime-t-il. Et pour ce qui est de l’éthique médicale, il considère que c’est : « placer le débat sur les mauvaises bases ». « La permanence des soins, la continuité des soins sont au cœur de l’éthique des remplaçants », souligne-t-il. Quant au vieux débat de la limitation dans le temps du statut de remplaçant, pour le Dr Schmitt cette idée « a vécu » car « il n’y a pas d’intérêt d’une telle mesure ».
Pour éviter justement ce genre de propositions, ReAGJIR incite les jeunes médecins à contribuer aussi au Grand débat national, « pour donner leurs visions de la médecine, les solutions pour l'accès aux soins, loin de celles de coercition ». Surpris que la santé ne fasse pas partie du cadrage global, alors que le thème est au cœur des préoccupations, le Dr Yannick Schmitt indique que le syndicat rédigera une contribution au Grand débat.
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