Accès aux soins, organisation, convention médicale : MG France a des idées pour les candidats à l'élection présidentielle

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Publié le 20/01/2022
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Le Dr Jacques Battistoni, président de MG France.

Le Dr Jacques Battistoni, président de MG France.
Crédit photo : Phanie

Après la CSMF, c'est au tour de MG France de fixer ses priorités pour 2022. Cette année, espère son président, le Dr Jacques Battistoni, sera « une année de sortie de crise pour aborder d'autres sujets comme la réorganisation du système de santé pour répondre aux besoins de la population ». La campagne présidentielle, « un temps fort, important pour la vie démocratique », est la bonne occasion pour le premier syndicat représentatif des généralistes d'avancer ses idées « pour renforcer les soins primaires en France ».

Au total, 20 propositions sont formulées pour améliorer l'accès aux soins, « une demande de la population dont le syndicat est conscient » et préparer la prochaine convention médicale, dont les négociations commenceront au second semestre et qui doit être « l'un des moyens de répondre à la crise de l'accès aux soins ».

De fait, pour permettre à chaque Français d'avoir un médecin traitant, MG France rappelle qu'il vaut mieux soutenir les généralistes en difficulté en raison de départ d'autres médecins que d'imposer « d'inefficaces contraintes » aux jeunes médecins. Le Dr Battistoni fustige au passage les propositions de loi parlementaires visant à imposer la coercition à l'installation. Car pour faire venir les jeunes dans un territoire déficitaire, il faut, selon le syndicat, commencer par renforcer l'offre de soins existante dans ce territoire.

Les médecins qui restent doivent pouvoir bénéficier d'un « environnement d'exercice attractif » avec notamment une équipe pour les épauler (assistants médicaux, infirmières Asalée, des infirmières de pratique avancée). « Cela leur permettra de prendre en charge davantage de patients, justifie le généraliste normand. On peut donc briser le plafond de verre selon lequel le médecin ne peut pas prendre plus de 2 000 patients ». Sur le territoire, le syndicat plaide en faveur d'un « partenariat étroit » entre les élus locaux et les généralistes. « Les élus peuvent nous aider dans la recherche de la bonne implantation, des locaux pour accueillir les patients, explique le Dr Battistoni. Il faut qu'on arrête avec une espèce de surenchère où on essaie d'attirer les patients là ou là à coups de publicité ».

Un accord bilatéral avec les pharmaciens, les infirmiers…

Pour organiser les parcours de soins de ville, MG France appelle les futurs parlementaires à privilégier la voie conventionnelle. « Nous souhaitons avoir une coopération intelligente avec les pharmaciens, dit encore le président de MG France. Cela passe par un accord conventionnel bilatéral. On voudrait aussi le faire avec les infirmiers notamment de pratique avancée pour définir les conditions de cette collaboration ».

Autre recommandation du syndicat : reconnaître le médecin généraliste comme un acteur en santé publique pour la prévention et la santé environnementale. « Nous sommes les observateurs privilégiés et nous ne pouvons pas rester inertes face à des pathologies qui se répètent trop souvent dans notre patientèle », commente le généraliste.

Mais pour cela, « son rôle et ses actions doivent être reconnus et valorisés ». Alors, MG France prône une évolution de la rémunération sur objectifs de santé publique (Rosp) pour devenir un véritable « forfait de santé publique ». Enfin en matière de formation médicale, MG France recommande que la moitié des médecins formés le soit en médecine générale - contre 40% actuellement - , de doubler le nombre de postes enseignants en médecine générale et de recruter davantage de maîtres de stages « compte tenu de la réforme du 2e cycle et de l’augmentation du nombre d’étudiants ». « Cela fait des années que l'on a alerté sur le sujet mais rien ne bouge », déplore-t-il.

Des moyens pour la prochaine convention

Pour l'heure, ces recommandations « argumentées » et « étayées » seront envoyées aux équipes des candidats pour les aider à élaborer leur programme santé. Mais surtout, le syndicat espère que la prochaine convention médicale bénéficiera d'un financement « suffisant » pour engager la transformation du système de santé. « Une convention ambitieuse est celle qui est dotée de moyens. Si on crée une consultation de prévention, il faut de l’argent. Si on veut inciter les généralistes à prendre plus de patients comme médecin traitant, il faut valoriser le forfait patientèle médecin traitant», reconnaît le Dr Battistoni. Un programme qui néccessitera « des miliards pour faire bouger les lignes »


Source : lequotidiendumedecin.fr