SOMBRER dans un coma thérapeutique n’est pas plus dangereux que de prendre l’avion. Voilà le message clé que martèleront les anesthésistes-réanimateurs, le 29 novembre, à de potentiels futurs patients désireux d’en savoir plus sur la discipline.
Des questions reviennent en consultation. Je suis cardiaque, puis-je être endormi ? Dois-je faire une prise de sang avant de me faire opérer ? « L’époque où on faisait systématiquement une numération des globules rouges est loin derrière nous. Aujourd’hui, l’interrogatoire suffit. Mais le public n’a pas encore intégré l’idée », observe le Pr Claude Ecoffey, vice-président de la Société française d’anesthésie-réanimation (SFAR).
La SFAR, dans un souci de pédagogie, met en ligne* la réponse aux questions les plus fréquentes, ainsi qu’une vidéo présentant le déroulement d’une consultation d’anesthésie. La mise en place de ce rendez-vous préopératoire, obligatoire depuis 1994, et le développement de la surveillance peropératoire, ont réduit par dix la mortalité en anesthésie. Un progrès qu’ignore trop souvent le grand public. « Le fait de mesurer systématiquement la pression artérielle réduit fortement le risque d’arrêt cardiaque après choc anaphylactique », illustre le Pr Ecoffey.
Autre démarche engagée par la SFAR : la réécriture de la fiche d’anesthésie, trop médicale et pas suffisamment intelligible aux dires de certains patients.
Un autre combat, outre la bataille de la confiance, reste à mener : convaincre tous les anesthésistes d’appliquer les référentiels de bonnes pratiques. La SFAR en a édité une centaine. Elle ignore combien sont respectés, mais constate un désengagement progressif vis-à-vis de l’accréditation : 1 600 anesthésistes étaient accrédités en 2008, ils ne sont plus qu’un millier aujourd’hui. « L’incidence sur la qualité des soins est sans doute très faible car nous avons déjà réduit considérablement les risques, note le Pr Ecoffey. Mais on peut toujours mieux faire. Il faut améliorer la diffusion des référentiels et comprendre pourquoi les anesthésistes ne les suivent pas, en travaillant sur la psychologie du médecin ».
* La SFAR met en ligne des informations à destination des usagers à l’adresse suivante http://www.sfar.org/espace-grand-public
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