Le nouveau collectif de médecins intérimaires, récemment créé pour protester contre le plafonnement de leur rémunération, s'est constitué en Syndicat national des médecins remplaçants en hôpitaux (SNMRH).
Les membres du bureau sont en grande majorité anesthésistes-réanimateurs. S'exprimant jusqu'ici sous couvert d'anonymat, le Dr Lynda Darrasse, anesthésiste-réanimateur, est la présidente de la structure dont les statuts ont été déposés fin mars. Le Dr Jean-Paul Rey est président adjoint et le Dr Abdelaziz Hanaf secrétaire du syndicat.
Refusant la dénomination de médecins intérimaires – et a fortiori de mercenaires –, le syndicat a pour objet la défense des intérêts et le statut des médecins remplaçants « qui ne sont pris en compte à date par aucune représentation ». Il se préoccupera « des conditions de travail et de la bonne intégration » de ces professionnels dans le fonctionnement des services ou ils interviennent.
Le SNMRH, qui entend participer au débat public, a lancé son site internet. L'adhésion coûte 100 euros.
Une rémunération réduite de 40 % en trois ans
Le syndicat rappelle que la parution d'un décret et de deux arrêtés (en application de la loi de santé) qui plafonnent la rémunération des médecins intérimaires depuis le début de l'année aura pour effet la réduction « de 40 % en trois ans » de leurs payes, « sans concertation et sans proposition de démarche sur la recherche alternative de postes stables ». Les nouveaux textes réglementaires fixent à 1 404,05 euros brut le plafond pour 24 heures de travail effectif dès 2018, puis 1 287,05 euros en 2019 et 1 170,04 euros à partir de 2020.
« Les médecins remplaçants ne peuvent accepter d’être désignés comme les boucs émissaires des difficultés et du déficit des hôpitaux publics, alerte le syndicat, qui revendique déjà le soutien de 1 300 praticiens. Le SNMRH dénonce aussi « les caricatures volontaires sur les rémunérations tout comme les termes injurieux prononcés à leur égard ».La rémunération de ces praticiens, « qui n'a pas été revalorisée depuis 17 ans, n'est en aucun cas excessive au vu de ses contraintes : précarité, mobilité, adaptation, manque de considération, congés, vacances, formation, vie familiale », insiste le SNMRH.
La première prise de position officielle du nouveau syndicat concerne un autre décret de novembre 2017 relatif aux modalités d'autorisation temporaire d'exercice permettant à des étudiants en médecine étrangers ainsi qu'à des médecins étrangers de venir suivre une formation complémentaire en France. Le SNMRH déplore l’application de ce texte, pris lui aussi « sans concertation avec les syndicats, et qui sera responsable d’une arrivée massive vers la France de médecins étrangers hors Union Européenne, avec pour conséquence de déposséder les pays d’origine de leurs élites ».
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