Annoncée à la rentrée 2019 comme une réponse, selon Agnès Buzyn, à la crise des urgences, l'introduction des infirmiers de pratique avancée (IPA) dans les services se concrétise finalement. Ce mardi 26 octobre, le décret relatif à l'exercice en pratique avancée de la profession d'infirmiers, dans le domaine d'intervention des urgences a, en effet, été publié. Ce texte formalise notamment la définition du lieu d'exercice de l'IPA, la création d'un parcours paramédical pour la prise en charge et les modalités d'information du patient.
Dans le domaine d'intervention « urgences », le décret précise que le professionnel participe à la prise en charge des patients, pour les motifs de recours et les situations cliniques les plus graves ou complexes, définis par un arrêté du ministre chargé de la santé. Néanmoins, par dérogation, l'IPA est « compétent pour prendre en charge le patient et établir des conclusions cliniques, dès lors qu'un médecin de la structure des urgences intervient au cours de la prise en charge ».
Protocole d'organisation avec le médecin
Dans ce cadre, un protocole d'organisation doit être établi entre le médecin et l'IPA pour fixer « les modalités de la coordination et de la prise en charge individuelle des patients ». Par ailleurs, l'infirmier doit aussi informer le patient des modalités prévues de sa prise en charge. « Il remplit, signe et remet le document, prévu en annexe du protocole d'organisation, au patient, ou, le cas échéant, à sa personne de confiance, à son représentant légal ou aux parents lorsqu'il s'agit d'une personne mineure », peut-on lire dans le texte. Des arrêtés sont en attente de publication « pour préciser les motifs de recours et situations cliniques qui seront pris en charge par l'IPA dans ce parcours, ainsi que la liste des actes et prescriptions que l'infirmière sera habilitée à réaliser en autonomie ».
En juin dernier, les projets de décret et d'arrêtés présentés par le ministère de la Santé avaient soulevé une guerre de tranchée entre médecins urgentistes et infirmiers. Trop d'autonomie pour ces paramédicaux pour des représentants des médecins. Pas assez du côté des infirmiers. Pour Patrick Chamboredon, président de l'Ordre des infirmiers, qui avait fait part de sa déception en juin dernier, le décret « mérite d'être publié » mais n'est pas « assez large pour permettre plus d'autonomie à l'infirmier ». « Comment l'IPA va s'articuler avec le médecin qui doit intervenir à un moment dans la prise en charge ? dit-il au « Quotidien». Est-ce qu'il faut le formaliser à chaque examen ou prévoir des allers et retours? Il faut que cela soit fluide pour faciliter la vie des patients et des professionnels. »
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