BARENTIN (76)
Dr STÉPHANE PERTUET
Tout s’éclaire enfin. Une lueur, un rai de lumière vient illuminer le côté obscur et si peu glorieux de nos trop nombreux échecs thérapeutiques.
Permettez-moi de partager avec vous cette découverte essentielle que pourtant vous présentiez, cernés par les doutes et les reproches obsidionaux de vos patients insatisfaits : « Votre traitement, il m’a rien fait… »
Je reçois cet après-midi une gentille patiente de 83 ans : « Docteur, j’ai des colles qui remontent dans le gosier. » Traduction : malgré votre excellent traitement, il m’arrive encore d’être gênée par quelques mucosités rhino-pharyngées.
Je fais immédiatement part via Skype de cette remarque à mon ami et confrère rural mais néanmoins civilisé (faculté de médecine de Paris quand même...) qui me répond ceci :
– Quand je pense qu’au certif de maxillo-facial, j’ai dû disserter sur la classification TNM des tumeurs de la langue…, mais les colles qui remontent et les glaires qui descendent, ça, c’était pas au programme.
Me concernant, je me sens tout aussi incompétent sur les deux sujets (classification TNM et glaires qui remontent. Ou qui descendent, faudrait pas confondre.)
Donc, à l’aune de ce cas clinique tout à fait intéressant, trois remarques :
1/ Il y a de graves lacunes dans les programmes d’enseignement de nos hospitalo-universitaires.
2/ On avait mieux à faire le jour du cours sur « conduite à tenir devant des colles et des glaires ».
3/ Les colles qui montent et les glaires qui descendent n’ont pas leur place dans nos cabinets médicaux.
La santé à travers la presse
LES MOLIERES (91)
Dr JEAN HVOSTOFF
- « Les dentistes plombent le budget des ménages » [compte tenu des prix des bridges, des implants…], déclare la revue « 60 millions de consommateurs » (N° 488, décembre 2013) qui réclame la diminution de ces tarifs, tout en conservant les mêmes tarifs pour les autres actes de dentisterie tel le traitement de la carie. Les dentistes rétorquent que si le gouvernement et la Sécurité sociale augmentaient le tarif des actes des soins courants et conservateurs remboursés, ils pourraient de ce fait diminuer le prix des actes non remboursés en gardant la même qualité. Ceci me paraît une proposition logique. Peut-on demander à tout salarié, comme aux journalistes et rédacteurs de « 60 millions de consommateurs », de garder la même qualité dans leur travail tout en rognant fortement leur salaire ?
- « 61 % des Français changeraient de médecins pour accéder à leur dossier médical électronique », selon l’étude menée par Accenture. 61 % des Français ont-ils si peu confiance en leur médecin et la relation avec lui est-elle si détestable qu’ils sont prêts à changer de médecin pour accéder à leur dossier médical électronique ? Je n’arrive pas à y croire ! Quel stratagème politique et/ou lobbyiste cette étude cache-t-elle ?
- Grand titre : le gaulliste Lucien Neuwirth, « père » de la pilule contraceptive, est décédé. « Il a su, avec audace, s’affranchir de tous les conservatismes et ouvrir un temps nouveau dans l’émancipation des femmes. Lucien Neuwirth aura été un acteur déterminant de l’évolution de la société française. » (François Hollande)
L’évolution de la société française est-elle d’attaquer en justice les laboratoires et/ou les médecins qui ont collaboré à la demande des femmes pour leur émancipation, en produisant ou prescrivant la pilule, lorsqu’un effet indésirable imprévu survient ?
Femmes et couples ont-ils donc défilé dans les rues pour soutenir le « père » de cette pilule contraceptive idéalisée, en refusant toutes idées de morbidité ?
- Après la pilule qui, selon le principe de précaution du fait de ses effets indésirables, aurait dû être (comme déjà certains médicaments) interdite de vente, voilà le Gardasil qui fait la une des journaux ! Une jeune femme, secondée par un avocat qui voit sûrement à cette occasion l’aubaine de se faire une réputation, accuse le vaccin Gardasil d’être responsable de l’apparition de ses troubles neurologiques. Immédiatement les médias, en chœur, crient haro sur ce laboratoire pharmaceutique. Cela ne devient-il pas habituel, systématique depuis quelques années ? Je suis étonné que le médecin qui a injecté ce vaccin soit épargné, car cette même jeune femme, en cas de la survenue d’un cancer du col de l’utérus, n’aurait-elle pas attaqué en justice le médecin pour non-prescription et injection de Gardasil ?
Je conseille aux laboratoires pharmaceutiques de mettre en lettres grasses et rouges sur chaque boîte de médicament « Attention Danger, lire la notice », d’écrire en gras sur la notice que la prescription de ce médicament par le médecin n’est qu’un conseil et que ce n’est qu’après avoir pris connaissance en toute conscience des contre-indications et des effets indésirables que le patient, sous sa seule et propre responsabilité, prend la décision d’absorber ou non le médicament.
Mais peut-être serons-nous bientôt contraints de mettre sur les boîtes de médicament cet avis, comme sur les paquets de cigarettes, « SE MÉDICALISER TUE ».
Maisons de naissances et pommade de Touraine
Agneaux (50)
Dr Agnès Perré-Michel
Je dois dire que les maisons de naissance me laissent perplexe.
Ma première réaction face à l’annonce de leur expérimentation a été l’étonnement : combien de maternités ont été fermées ou bien sont sur le point de l’être sous prétexte qu’elles ne présentent pas toutes les garanties nécessaires pour la sécurité des parturientes et de leur bébé ! Mais, en ce vingt-et-unième siècle, nous ne sommes pas à une contradiction près.
Je me suis dit qu’après tout, il valait mieux réunir les femmes qui ne veulent vraiment pas bénéficier de la sécurité d’une maternité en un lieu facile à trouver pour le SAMU en cas de pépin.
J’espère quand même que les sages-femmes ne se passeront pas du monitoring (affirmation erronée de journaliste ?). Même si ce n’est pas naturel, durant le travail, dépister une bradycardie pathologique du fœtus c’est pas du luxe !
Contre qui se retourneront les femmes ou leur famille en cas de pépin : les sages-femmes, probablement pas les autorités qui leur donneront peut-être leur bénédiction ?
Les maisons de naissances ne vont-elles pas devenir un palliatif moins coûteux que les maternités ?
Autre sujet d’interrogation : est-ce que par hasard, Madame Touraine n’insulterait pas notre intelligence ?
Le coup du pivot de la santé on nous l’a déjà fait, bla bla bla, bla bla bla...
Donc rien de neuf à l’horizon, nos chers décideurs croient nous amadouer avec des paroles lénifiantes, cela fait longtemps que l’on ne nous avait pas asséné ces basses et viles flatteries.
Que nous soyons l’interlocuteur privilégié de nos patients et ceux qui la plupart du temps gèrent leur santé, on en a bien conscience et dans la réalité, nous sommes parfois bien les seuls. Le coup de « je te passe de la pommade et j’aiguillonne ton orgueil », moi cela ne passe pas et surtout, cela ne change rien à ce que je vis au quotidien. De plus, cette suspecte manœuvre sous-entendrait que nos confrères non généralistes auraient une place moindre. Dans ma grande naïveté et espérance, je pense que la santé est un travail d’équipe, où le patient devrait prendre conscience que sans un travail de sa part on n’est pas très efficace.
Quoi qu’il en soit, « le pilier de la santé », depuis le temps qu’il reçoit des coups de haches (harcèlement des caisses, dénigrement médiatique, inflation de la paperasserie, absence de véritable reconnaissance...), il va finir par s’effondrer. Timber !
Un écho taxe pour Jack l’éventreur
CLERMONT-DE-L’OISE (60)
Dr NICOLE BATLAJ
La sagesse populaire fait douter de sa qualité. En prônant l’exercice de la prostitution comme un mal nécessaire, les désaxés sexuels trouveraient leurs proies en des lieux réservés où vivent des femmes assujetties, souillées, dont le néant a englouti la pensée.
Tout cela au cœur de maisons plus ou moins closes. Paul Claudel y logeait la tolérance (il y a des maisons pour cela). Le plus vieux métier du monde, dit-on, comme si la durée légitimait sa pérennité.
Dans l’Antiquité, elle représente comme aujourd’hui une part économique importante. La prostitution chez les Grecs fut largement exhibée, du moins celle qui se distinguait par son caractère sacré. On remerciait les dieux qui avaient exaucé les vœux par des offrandes de vierges. De Pindare à Plutarque, nombreux sont les textes poétiques qui chantent les louanges de jeunes filles accueillantes.
La poésie nous éloigne des victimes dévalorisées pauvres, mercantiles et comme aujourd’hui, l’appétit sexuel ne semble pas envisagé. Entre l’argent et le sexe, les enjeux économiques sont prédominants. En témoigne cette nouvelle taxe imposée au client.
De part et d’autre, le sexe, les enjeux économiques sont prédominants. En témoigne cette nouvelle taxe imposée au client. De part et d’autre, le sexe est tenu à distance, figé dans une expression obscène. C’est le prix à payer ! Les costumes de ce théâtre étrange ont une particularité vestimentaire, décolletés, bottes de cuir, arrogance masculine.
Le client est silencieux, aucun de mes patients n’aurait jamais vécu ce genre d’expérience !
Quelle est donc la signification de cette scène interdite ? La compulsion de répétition est la force de jadis. Le désir n’atteint pas son but parce qu’il s’attache à un fantasme maternel à jamais perdu. De ce fait, l’image se dérobe dans une caricature défigurée par l’obscène.
Voyage honteux où les deux protagonistes se méprisent, détour très obscur où se mêle l’interdit œdipien, au fond de l’ombre, et plus encore pour la place du père (l’homme d’avant) et tout aussitôt reprise par le client d’après.
L’écho taxe tu client n’est pas moral, c’est une mesure de corruption. Personne ne dit qu’il pourrait servir à dispenser des soins médicaux, psychologiques ou aider ces femmes à retrouver une liberté.
Chacun est libre de son corps. Nul n’a le droit de soumettre un être humain à des conditions barbares, pas plus qu’à des idées religieuses ou politiques. (Spinoza-Éthique n° 2).
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