› DE NOTRE CORRESPONDANT
PARTICULIÈREMENT développé en Alsace, l’interprétariat médical y dispose même d’un statut officiel : les médecins éprouvant le besoin de travailler avec un interprète peuvent faire appel à MSA qui leur fournit alors un interprète de la langue souhaitée. Gratuits pour les médecins et les patients, les frais d’interprétariat de 36, 50 euros par heure, sont pris en charge par l’Union Régionale des Médecins Libéraux et l’Agence Régionale de la Santé. Si l’interprète n’est pas fondamental lors d’une simple grippe, il devient indispensable lorsqu’il s’agit d’effectuer un interrogatoire détaillé, de mettre en place un protocole ou d’annoncer un diagnostic. « Mais l’on ne s’improvise pas interprète médical », souligne la présidente de MSA, le Dr Murielle Rondeau-Lutz, car c’est une vraie spécialité réclamant une formation adaptée. « Troisième homme » - ou femme - d’une relation médecin malade qui se joue traditionnellement à deux, l’interprète devra concourir lui aussi à l’efficience du traitement. Le « bon interprète » sera celui qui sait occuper sa place, mais rien que sa place, et toute sa place.
Un premier pas.
Forte de ses 30 années d’expérience dans ce domaine, Migrations Santé Alsace a donc réuni à Strasbourg les principales associations d’interprètes professionnels, mais aussi une dizaine d’associations françaises de médecins travaillant plus particulièrement autour de la santé des patients étrangers. La « Charte de l’interprétariat médical et social professionnel en France », adoptée le 14 novembre, se veut un premier pas vers une reconnaissance officielle des interprètes médicaux. Elle précise leurs fonctions essentielles, dont bien sûr la traduction orale, mais aussi l’attention et la disponibilité interculturelle et la distanciation. L’interprète doit savoir délimiter ses fonctions et ses responsabilités, avec bien entendu un code de déontologie portant sur la fidélité de la traduction, la confidentialité et le secret professionnel, l’impartialité et le respect de l’autonomie des interlocuteurs.
Outre les associations de soignants et d’interprètes, un certain nombre d’institutions faisant souvent appel aux interprètes ont déjà signé cette charte : parmi elles, les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, les hôpitaux psychiatriques d’Alsace, la Ville de Strasbourg, mais aussi l’hôpital Avicenne de Bobigny.
Quatre généralistes font vivre à tour de rôle un cabinet éphémère d’un village du Jura dépourvu de médecin
En direct du CMGF 2025
Un généraliste, c’est quoi ? Au CMGF, le nouveau référentiel métier redéfinit les contours de la profession
« Ce que fait le député Garot, c’est du sabotage ! » : la nouvelle présidente de Médecins pour demain à l’offensive
Jusqu’à quatre fois plus d’antibiotiques prescrits quand le patient est demandeur