« Ce n’est pas le moment de baisser les bras », tel est l’appel lancé par le Dr Hans Henri Kluge, directeur régional pour l’Europe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il s’est exprimé depuis l’Ukraine le 17 février, à quelques jours du premier anniversaire de l’offensive russe dans le pays. Le 24 février 2022 a marqué le début d’une « guerre dévastatrice », comme l’a qualifiée le Dr Kluge. Dans sa déclaration, le directeur régional a souligné trois enjeux majeurs : la santé mentale, la réadaptation et l’accès aux services de soins.
Pour le premier point, le Dr Kluge a rappelé les estimations faisant état de « 10 millions de personnes (qui) pourraient être en mauvaise santé mentale actuellement, et 4 millions d’entre elles (qui) auraient des troubles de sévérité moyenne ou extrême ». Il a par ailleurs cité le programme pan-ukrainien dédié. Dans nos pages (lire p. 12), le Dr Orest Suvalo, psychiatre et coordinateur du projet « Santé mentale pour l’Ukraine », témoigne de la situation et présente la mise en place d’un chatbot pour accompagner la population. Et, parce que des milliers de personnes ont fui le pays depuis un an, la question de la santé mentale se pose également hors des frontières. En France, par exemple, la Fondation FondaMental propose à partir de ce vendredi 24 février une plateforme d’aide et de soutien psychologique dédiée aux Ukrainiens déplacés (lire p. 13).
Autre priorité pointée par le directeur régional de l’OMS : la réadaptation. « Tout comme M. Shmyhal, le Premier ministre ukrainien, je voudrais mettre l'accent sur l'importance de la réadaptation et relayer son appel aux partenaires pour qu’ils interviennent en urgence, notamment pour le traitement des blessures liées au conflit, qui sont souvent horribles pour les adultes comme pour les enfants », a-t-il expliqué. Il a ainsi appelé à « intensifier l’approvisionnement en produits d’assistance », soulignant que l’OMS a « contribué à la fourniture de plus de 4 500 produits de ce type pour des hôpitaux de traumatologie ».
La troisième priorité pour le Dr Kluge concerne l’accès aux services de santé. Il a en effet qualifié d’« impardonnables » les près de 780 attaques contre ces derniers. Il a par ailleurs décrit les difficultés rencontrées sur le terrain, comme en témoignent également des médecins dans notre article (lire p. 10). « Une personne sur dix déclare avoir du mal à se procurer des médicaments, pour diverses raisons, notamment parce que les pharmacies sont endommagées ou détruites ou parce que l'approvisionnement n'est pas assuré. De plus, près d’un tiers des personnes interrogées affirment qu’elles n'ont plus les moyens d’acheter les médicaments dont elles ont besoin », a ainsi rapporté le directeur régional de l’OMS. Des priorités en santé qui ne sont malheureusement qu’une partie des difficultés auxquelles sont confrontés les Ukrainiens depuis un an.
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