Le budget de la Sécurité sociale a été définitivement adopté ce mardi 16 décembre (247 voix pour, 232 contre). Expurgé de plusieurs mesures rejetées par la profession, le texte final contient toujours des irritants. De quoi entretenir la colère des médecins libéraux, qui maintiennent la pression sur le gouvernement avec une mobilisation annoncée pour janvier.
Clap de fin pour le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS 2026), définitivement adopté à quelques voix près (247 voix pour, 232 contre, sur 479 votants) à l’Assemblée nationale ce mardi 16 décembre 2025, après des semaines de débats agités. Texte de compromis politique, élagué de mesures repoussoirs pour les médecins libéraux – baisse de tarifs unilatérale visant les « rentes excessives » ou encore surtaxe des dépassements d’honoraires – il n’en reste pas moins problématique pour le secteur.
Sont toujours critiqués par les syndicats médicaux un Ondam « soins de ville » inférieur à l’inflation et aux besoins de santé, l’obligation d’alimentation du dossier médical partagé (DMP) sous peine de sanctions financières, le déremboursement des prescriptions des médecins de secteur 3, la possibilité de fixer de futurs tarifs CCAM par voie réglementaire, à défaut d’accord conventionnel. Sans oublier une mesure de simplification du cumul emploi retraite, qui pourrait pénaliser les femmes médecins libérales.
D’autres dispositions sont jugées « inutiles », voire « idiotes » selon les syndicats, à l’instar du plafonnement de la durée des arrêts de travail à 30 jours maximum pour une primo-prescription et deux mois pour un renouvellement ou encore le projet phare de Sébastien Lecornu, à savoir le réseau labellisé « France Santé », offrant une dotation de 50 000 euros par structure respectant des critères socles.
Manif à Paris le 10 janvier
De surcroît, le projet de loi de lutte contre les fraudes fiscales et sociales, examiné en cette fin d’année, suscite une autre levée de boucliers en raison de la mise sous objectifs (MSO) en première intention visant des médecins jugés « surprescripteurs » d’arrêts maladie, de transports, de médicaments ou d’examens complémentaires.
Pour toutes ces raisons, la CSMF, MG France, le SML, la FMF, l’UFML-S et Avenir Spé-Le Bloc, soutenus par la jeune génération (Jeunes Médecins, internes de l’Isni et de Isnar-IMG et remplaçants de Reagjir), mais aussi des collectifs médicaux (Médecins pour demain, Comeli), ont annoncé que la mobilisation continuait « plus que jamais ». L’appel à « une manifestation historique » à Paris est programmé le samedi 10 janvier. Quant à l’exil à Bruxelles des spécialistes de bloc opératoire, il continue de se préparer du 11 au 14 janvier.