Ce vendredi matin, l'AP-HP a annoncé par voie de communiqué de presse le retrait de ses responsabilités de chef de service et de responsable pédagogique du Pr Emile Daraï. Spécialiste de l’endométriose, le chef du service de gynécologie de l'hôpital Tenon, à Paris, est, en effet, visé par une enquête pour « viol sur mineur ». De plus, plusieurs patientes l'accusent notamment de pratiquer des examens vaginaux et rectaux de manière brutale et sans demander le consentement. L'AP-HP explique avoir « acté » cette décision avec le Pr Daraï, afin que l’enquête interne « puisse se dérouler dans la plus grande sérénité ».
Dès la médiatisation des premiers signalements, l’Assistance publique et Sorbonne Université avaient diligenté une enquête interne sur les agissements du gynécologue. Quatre personnes, « dont une représentante des usagers », seront ainsi chargées de procéder à des auditions, « en ayant accès à l’ensemble des documents disponibles (réclamations, évaluations de stage des étudiants…) », précise l’AP-HP. « La mission d’enquête a également proposé à la présidente de l’association « Stop violences obstétricales et gynécologiques » de la rencontrer et de lui transmettre les témoignages qu’elle aurait recueillis. » Les conclusions devraient tomber rapidement, fin octobre.
Action de sensibilisation
La situation semble avoir provoqué un électrochoc au sein de la direction de l’AP-HP qui a aussi décidé, dans la foulée, de mettre en place des actions d’informations et de préventions des patientes à propos des violences gynécologiques. L’assistance publique annonce ainsi développer « une procédure formalisée, pour s’assurer de la complète information des patientes avant tout examen clinique, sur la base d’un document écrit ». Et ce dans l’attente d’une charte, qui sera élaborée par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), avec la participation de praticiens des hôpitaux parisiens.
L’ensemble des gouvernances des services de gynécologie-obstétrique de l’AP-HP sera par ailleurs réuni « très prochainement », en présence de représentants des usagers, afin de définir « une charte commune de bonne pratique ». Les internes devraient également être sensibilisés à ces questions, conformément à la volonté de la conférence des doyens d'Île-de-France.
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