Un système de santé moderne mais inégalitaire

Publié le 17/02/2014
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Crédit photo : DR

Le Pr Iradj Gandjbakhch, illustre figure de la diaspora, longtemps chirugien cardiaque à la Pitié-Salpêtrière, est catégorique : « On est aussi bien soigné en Iran qu’à Londres, Tokyo ou Paris. Mais les soins de pointe sont très chers ».

L’Iran est doté d’un système de santé comparable à celui des pays développés, hier inspiré de la France, aujourd’hui du modèle anglosaxon. Les études médicales sont de solide réputation. Un médecin étudie sept ans pour devenir généraliste, trois à cinq ans de plus pour se spécialiser. Le pays compte de multiples hôpitaux au plateau technique dernier cri, des services de transplantations, des centres de lutte contre l’infertilité.

Efficace, la médecine iranienne l’est aussi grâce à son réseau de soins primaires, qui assure un maillage de tout le territoire (trois fois la France). Les 17 000 postes médicaux ruraux ouverts dans les années 1980 ont fait reculer la mortalité maternelle et infantile. Un Iranien vit en moyenne jusqu’à 73 ans, dix ans de plus qu’en 1990. Un succès tel que le Mississippi, après une mission exploratoire, a ouvert des maisons de santé « à l’iranienne ».

Le président, inspiré par Obama, lance « Rohanicare »

L’Iran, non sans fierté, dit accueillir 30 000 patients étrangers par an. Le discours officiel insiste moins sur le sous-financement chronique, les listes d’attente, les tarifs exigés par certains médecins, parfois déconnectés du niveau de vie en chute libre... Des fondations religieuses soignent les démunis, les exclus. De fortes disparités demeurent cependant : un Iranien sur dix n’est pas couvert par la Sécurité sociale. Laquelle n’offre qu’un remboursement partiel.

Le président Rohani, mettant ses pas dans ceux d’Obama, vient de lancer son... « Rohanicare », une réforme qui prévoit de couvrir 5 millions de personnes supplémentaires d’ici à 2017. Le mollah a déploré, lors d’un entretien télévisé, que des malades aient parfois à fournir eux-mêmes les médicaments lors d’un séjour à l’hôpital public. Ou qu’ils soient orientés vers le privé pour un scanner, une prise de sang. « Il faut y remédier et corriger ces lacunes », a-t-il promis. Tout en relayant l’information sur son compte Twitter. En anglais.


Source : Le Quotidien du Médecin: 9302